Qu’est-ce que tu sport? | Le curling

Qu’est-ce que tu sport? | Le curling

Temps de lecture : 5 minutes

Il vous est déjà arrivé de tomber sur un sport insolite à la tv ou sur Internet et de vouloir en apprendre davantage sur ces ovnis sportifs ? Alors, vous avez frappé à la bonne porte. Qu’est-ce que tu sport? est une chronique non périodique qui tend à mettre en lumière des sports peu ou pas connus de par chez nous. Aujourd’hui, on aborde le Curling.

Origine et définition

Plus moqué que connu du grand public, le curling n’en est pas moins sport olympique depuis 1924. Inventé en Écosse au 16ème siècle, le sport se démocratise rapidement et se pratique en extérieur jusqu’au 19ème siècle lorsque le climat hivernal est suffisamment froid pour assurer de bonnes conditions de glace. Le premier club est fondé en 1795 à Édimbourg mais les règles ne se fixent officiellement qu’en 1834. Le curling reste longtemps un jeu à boire, souvent accompagné de whisky, et le premier match international ne se disputera qu’en 1865 entre les USA et le Canada.
À noter que le terme « pétanque sur glace » parfois utilisé en France est fallacieux puisqu’il s’agit de la traduction du Eisstock, un autre sport pratiqué principalement en Allemagne, en Autriche, en Suisse et au Luxembourg.

Un équipement libre mais rigoureux

Le curling est un sport de précision qui se pratique sur de la glace avec des pierres en granite. Ces pierres sont taillées et polies selon un gabarit international, on ne rigole avec les détails en curling. Autre détail d’importance, les chaussures. Une des deux plantes possède une mince bande en téflon ou en inox qui permet aux lanceurs de glisser sur la glace lors de leurs lancers. Les gauchers portent cette semelle sur leur chaussure droite, et inversement. L’autre pied possède, lui, une semelle en caoutchouc pour adhérer sur la glace, ou au moins glisser le moins possible.
Dernier équipement, le balai qui est utilisé pour faire avancer la pierre. La technique vise à balayer la surface de la glace quelques centimètres devant la pierre, ce qui ralentit sa décélération et renforce sa trajectoire. Contrairement aux pierres en granite, les balais peuvent épouser toutes les tailles et toutes les formes.

Quel déroulé pour une partie?

Le but d’une partie est de placer ses pierres le plus proche possible du centre d’une cible circulaire dessinée sur la glace et que l’on appelle la maison. Un match se joue au meilleur des 10 manches et il arrive que des prolongations soient nécessaires. Lors de chaque manche, chaque équipe lance tour à tour 8 pierres pour tenter de marquer le plus de points possibles, les quatre joueurs lançant leurs pierres chacun à son tour. Le dernier lanceur est généralement le capitaine, appelé skip, dont le rôle est de diriger ses équipiers et mettre une tactique en place. Les points se comptent comme à la pétanque, selon la proximité des pierres. Vous remportez un point pour chaque pierre plus proche du centre que celles de votre adversaire.

Titres et compétitions

Les championnats d’Europe ont lieu tous les ans et tout comme les championnats du monde. En championnats d’Europe, les équipes sont réparties, selon leur niveau en trois groupes. Le groupe A est composé des 10 meilleures équipes du continent, le groupe B est subdivisé en deux poules de 8 équipes chacune, tandis que le groupe C compte les équipes les plus faibles. Le premier tour est ce qu’on appelle un round robin c’est-à-dire que chaque pays rencontre une fois les autres équipes. À l’issue de ces matchs, les quatre premiers du groupe A se qualifient en demi-finales dans un tableau à élimination directe. Outre cette mini-compétition pour le titre, les 7 premiers du classement sont qualifiés pour les championnats du monde, les deux derniers sont relégués dans le groupe B et le 8ème joue un match de barrage contre le vainqueur du groupe B pour aller aux championnats du monde. Aux championnats du monde, c’est le même principe : un premier tour se joue en round robin entre 20 nations et les 6 meilleures se qualifient pour la phase à élimination directe.

Les derniers championnats d’Europe se sont déroulés à Tallinn en Estonie entre le 16 et le 25 novembre 2018 tandis que les championnats du monde avaient lieu à Lethbridge au Canada du 30 mars au 7 avril de cette année. En Europe, l’Écosse s’impose contre la Suède en finale tandis que la surprenante Italie décroche le bronze face aux Allemands. Au niveau mondial, les Suédois prennent leur revanche en remportant la compétition contre le favori canadien. La Suisse remporte le bronze contre le Japon. Chez les femmes, Suédoises et Suisses se sont déchirées puisque les Scandinaves remportent les championnats d’Europe contre les Suisses avant que les Helvétiques ne se vengent en finale des championnats du monde. Côté belge, nos deux équipes nationales végètent dans le groupe C et les femmes ont même déclaré forfait au derniers championnats d’Europe. Ce n’est pas encore pour tout de suite qu’on pourra entendre la Brabançonne sur les patinoires de curling.
Avec 17 sacres mondiaux (hommes, femmes et mixtes réunis), c’est le Canada qui décroche la palme du record de titres devant la Suisse et la Suède avec respectivement 13 et 10 médailles d’or. En Europe, la Suède se rattrape avec 31 couronnes. L’Écosse et la Suisse se partagent le podium avec 16 et 14 lauriers de vainqueur.

Un manque de légitimité non fondé

Avant de parler des raisons de cette remise en cause, il faut tout de même préciser que plus d’un million de Canadiens, par exemple, pratiquent ce sport et qu’il y génère des dizaines de millions de dollars de profits par an. Concernant les doutes émis sur le curling, ils partent principalement de la définition même du sport sur laquelle tout le monde n’est pas d’accord. Si elles s’accordent à dire que le sport déploie un effort physique, aucune n’en précise l’intensité. Sur ce point, les détracteurs du sport aiment souligner que l’activité ne requiert pas de grands efforts.
Sauf qu’ils ont tort. La pratique du curling est en anaérobie, il demande une énorme endurance et de violents efforts sur de courtes durées. Le brossage dure en effet entre 10 et 45 secondes, mais ces 45 secondes sont très intenses et il faut déployer énormément d’énergie, ensuite les lanceurs ont une minute et demie pour récupérer. Sachant qu’une partie dure 2h30, ça laisse une idée de l’ampleur de la dépense physique. Lors des tournois, les équipes jouent d’ailleurs deux fois par jour pendant sept à huit jours d’affilée.

© Palsternakka

Au final, le curling c’est un sport complet. C’est le mélange parfait entre la précision technique et la rigueur physique. C’est l’assurance de faire travailler la tête, les bras et les jambes tout en glissant sur une patinoire. Alors oui les curleurs sont souvent moqués, mais ne sont-ils pas tout autant l’une des attractions phares des Jeux Olympiques? Avouons le, le curling c’est aussi ce petit péché mignon que l’on attend tous les quatre ans avec impatience. Il n’est désormais plus de raison de se cacher : vive le curling et son invraisemblabilité!

ALVARRO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *