Brèves de tribunal

Brèves de tribunal

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Dans la petite salle du Tribunal de première instance de Liège, les visages sur les bancs sont fermés. Tout le monde rêve de liberté, mais tout le monde ne l’obtient pas. En ce jeudi de mi-novembre, les litiges quotidiens se succèdent.

« C’est pas trop grave, c’était à cause de l’alcool. C’était qu’une petite blessure. » Ça, c’est l’excuse de Mahdi L., impliqué dans une bagarre à coups de couteau avec un ami. La réponse de la présidente Najat Arbib fuse dans la salle, avec une pointe d’ironie : « Moi, je ne donne pas de coups de couteau à mes amis. » Le prévenu s’exprime difficilement et refuse le soutien d’un interprète, l’alcool qu’il a visiblement dans le sang n’aide pas. Il n’a pas voulu se faire défendre par son avocate commise d’office. Une erreur fréquente qui ne pardonne que rarement. Conciliante, la présidente remet le dossier à la semaine suivante et l’accusé est escorté par la police hors de la salle. Au moment où la porte se referme sur ses talons, la présidente harponne son avocate : « Lors de la prochaine audience, pouvez-vous veiller à ce que Monsieur soit sobre? »

« Monsieur est ce que j’appelle un bon client. » À 27 ans, Adrien L. est déjà un habitué du Tribunal. Accroc à l’héroïne et à la rue, c’est la deuxième fois qu’il est inculpé pour agression sur personne âgée. Lors de sa première inculpation, Mme Arbib a fait preuve de clémence en remettant l’audience. Elle avait évité qu’il ne dorme à la rue dans le froid pendant les fêtes. Sa deuxième est plus grave : la dame agressée est très mal tombée. Pour autant, Adrien L. ne s’est pas présenté au Tribunal et ne connaît pas l’issue de l’audience. La présidente conclut : il est condamné à 21 mois de prison avec 5 ans de sursis.

Le harcèlement est un délit fréquent dans les Chambres des Tribunaux, mais il reste rare que ce soit un homme qui se présente comme victime d’une femme. Mbark M. est appelé en cette fin de matinée pour donner sa version des faits sur l’accusation qu’il porte envers Sandy M. En 2015, la prévenue l’aurait griffé à l’abdomen et lui aurait renversé une table sur le tibia. Le dossier a déjà été classé sans suite en 2016 mais Mbark ne veut pas en rester là : il porte à nouveau plainte en 2018 et y ajoute le fait qu’elle lui aurait donné, en plus, des coups de pieds. La défense remet en question le témoignage et demande l’acquittement pour « cause de lacunes […] les détails ne permettent pas d’identifier la prévenue. » Le débat est clos, rendez-vous fin décembre pour le jugement. Najat Arbib est de ces juges qui préfèrent prendre leur temps pour rendre un jugement, « c’est important pour les gens, même lors de petits litiges. »

Mina

One Reply to “Brèves de tribunal”

  1. On peut se rendre compte que les juges essaient toujours d avoir un geste qui permettrait de ne plus revoir les prévenus car ils auraient pris conscience de ce qu ils faisaient mais malheureusement ce ne marche pas à chaque fois.

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