Rosenberg, Bryant, Xaví : une fin de carrière en apothéose

Rosenberg, Bryant, Xaví : une fin de carrière en apothéose

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Markus Rosenberg, légende du Malmö FF © RFB Marques

Souvent longues, parfois rapides, jalonnées de succès ou de déceptions, les carrières sportives représentent l’aboutissement personnel des athlètes du monde entier. Et la fin s’annonce toujours compliquée. Mais certains ont décidé de transformer ce moment en fête.

Malmö, Suède. Jeudi 28 novembre vers 22h45. Le soleil s’est déjà retiré du ciel sombre de la ville suédoise et l’attaquant emblématique du club ne va plus tarder à ranger ses crampons pour l’éternité. Encore une minute de jeu et le légendaire Markus Rosenberg aura foulé son terrain pour la dernière fois. C’est le 258ème match de sa carrière pour son club de coeur, et le dernier à domicile. Ce soir là, Malmö reçoit le Dynamo Kiev pour l’avant-dernier match des phases de poules de l’Europe League et doit gagner pour encore espérer passer en seizièmes de finale. Et la tâche est rude. Mais Markus Rosenberg ne veut pas d’au revoir fait de tristesse, il s’enivre d’apothéose.

C’est un match complètement fou : Malmö ouvre le score après seulement deux minutes avant que le Dynamo Kiev n’inverse la marque juste avant la mi-temps, 1-2. Et tout s’emballe au retour des vestiaires. Les Suédois reprennent l’avantage, 3-2, grâce notamment à un but de leur légende et un joueur du Dynamo Kiev est exclu. C’est le scénario parfait. Mais à la 77ème minute, Benjamin Verbic surgit et égalise pour les Ukrainiens. Le silence s’abat sur le Swedbank Stadion. Le rêve s’envole et on ne pense déjà plus qu’à célébrer le bientôt retraité. Mais il était écrit que cela ne pouvait pas se terminer comme cela. À la 96ème minute, dans les dernières secondes des arrêts de jeu, la légende Markus Rosenberg reprend un centre venu de la droite et délivre le stade. 4-3, Malmö peut encore espérer se qualifier. Celui qui devait célébrer son départ devient encore davantage le héros de son club. Les scènes de joie et sa communion avec les supporters, qui le recouvrent de câlins après son but, restent encore dans la tête. Ça, c’est le sport qu’on aime.

Partir sur un dernier trophée

Xaví soulevant la Ligue des Champions pour son dernier match avec le Barça © Tribuna

On reste dans le football mais on se rend à Berlin, pour célébrer un joueur de Barcelone. Vous suivez toujours? On remonte de quelques années en arrière pour atterrir en pleine finale de Ligue des Champions 2015. Le sacre se joue entre le FC Barcelone et la Juventus. La rencontre s’annonce pourtant déjà déséquilibrée quand les deux équipes montent sur la pelouse, et le scénario se déroule sans heurt. Les Catalans s’imposent sans discussion 3-1. Mais la fête commence réellement lorsque l’immense Xaví monte au jeu à la 78ème minute. Pour son dernier match avec le Barça, l’emblématique capitaine et dépositaire du jeu remporte son 25ème trophée avec les Blaugranas. Il s’agit de son 766ème match pour son club de toujours, record actuel. Après la rencontre, il déclare en larmes qu’il ne pouvait rêver d’une meilleure fin de carrière que de remporter à nouveau la Ligue des Champions. Certes, il pigera encore deux ans au Qatar mais de son propre aveu, sa carrière s’était déjà terminée ce 6 juin 2015.

De ballon rond au ballon ovale

Damien Clerc à l’entraînement © Eurosport

Si les carrières sur le grand rectangle vert durent en moyenne une quinzaine d’années, celles en rugby sont plus aléatoires. Mais qu’elles soient très courtes ou très longues, elles sont toujours passionnées et vécues à 200%. Et quoi de mieux que de terminer sa carrière sur un accomplissement sportif? C’est en tout cas ce qu’à vécu Damien Clerc, joueur de La Rochelle et international français. Après onze ans de carrière, il touche enfin son objectif de gosse du bout des doigts : jouer une grande compétition internationale. Une participation qui le fera d’ailleurs entrer dans l’histoire. Coup double. En 2016, il embarque avec ses équipiers à destination de Rio, pour la première participation de l’équipe de France de rugby à 7 aux JO. L’exploit sportif s’arrête là puisque la France termine 7ème sur 12. Mais l’essentiel est ailleurs, cette génération vient de marquer l’histoire et Damien Clerc tire sa révérence les larmes aux yeux.

Un dernier galop

Jacques Ricou et Black Luna © Scoopdyga

Il y a exactement un an, ou presque, le jockey Jacques Ricou mettait un terme à sa carrière, le 30 novembre 2018. Relativement passé inaperçu dans la sphère médiatique, l’événement n’avait pourtant rien de banal. Fierté absolue et star incontesté de son sport, le Français ne pouvait rêver d’un meilleur clap de fin. Il s’est en effet imposé par une victoire “black type” dans la catégorie « obstacle ». Une performance à la résonance particulière puisqu’elle a lieu 21 ans après son premier succès, dans cette même course. Comble du clin d’oeil, il s’est imposé au dos de Black Luna, la monture avec qui tout a commencé pour lui.

New Record sur les parquets

Dernier match de Kobe Bryant © Harry How – AFP

13 avril 2016. Staples Center à Los Angeles. L’équipe des Lakers reçoit le Jazz d’Utah pour le dernier match de la saison régulière. Mais l’intérêt de la rencontre n’est pas là. Le stade et le monde du ballon orange s’apprêtent à dire au revoir à l’une des plus grandes légendes de ce sport, Kobe Bryant. À la fin du match, le marquoir affiche 101 à 96 pour les locaux, et ce score n’est pas anodin. On le doit en grande partie au fêté du jour, auteur d’une prestation stratosphérique. Alors qu’il plafonnait à 37 minutes de jeu maximum par match lors de la saison, son entraîneur lui en a offert 5 de plus pour son clap d’au revoir. Et Kobe en a profité : 60 points inscrits, soit le record de la Ligue cette saison là, et une folle remontée dans les derniers instants. Menés, les Lakers s’imposent grâce à leur légende qui inscrit 15 des 17 derniers points et délivre la dernière passe décisive du match. En tentant 50 tirs lors de la rencontre, il dépasse également le record de l’autre légende de la NBA Magic Johnson et ses… 49 tirs. Parce que Kobe est un grand, il ne pouvait pas sortir autrement.

Toute carrière sportive est basée sur le dépassement de soi, c’est l’essence même du sport. Mais certains sportifs poussent parfois ce précepte à l’extrême pour clôturer leur carrière en boulet de canon. Une dose de talent, une injection de détermination et l’adrénaline qui fait le reste. Rideau, et chapeau l’artiste.

ALVARRO & Mina

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