Édito | Hockey : quand l’exemple prend le mauvais exemple

Édito | Hockey : quand l’exemple prend le mauvais exemple

Temps de lecture : 2 minutes

« Oh non, pas toi, pas après tout ce que tu as fais. » Non, pas toi, pas toi, hockey. Tu étais l’élu, l’exemple, la formule à suivre, la bulle d’oxygène. Tu étais le Phare d’Alexandrie dans la brume du sport. Toi, hockey, qui était si intègre, si pur, si préservé. Comment as-tu pu te fourvoyer ainsi? Comment as-tu pu céder ainsi à de pareilles sirènes? Celles de l’argent, du dégoût, de la corruption. Tu avais tout pour toi, pour montrer une nouvelle fois l’exemple, et tu as tout gâché.

Dois-je te rappeler que tu étais l’exemple absolu que nous utilisions lorsque l’on évoquait la pourriture du foot? Dois-je te rappeler que tu es celui qui nous a le plus offert par ta simplicité et ta sportivité? Tu étais l’exemple mais tu as pris exemple sur le mauvais exemple. Tu te rends compte de la phrase que tu me fais dire? Tout ça parce que tu as décidé de succomber à la tentation, à l’achat, à l’argent.

Pour la troisième fois en quatre éditions, la Coupe du Monde de hockey se déroulera donc en Inde malgré diverses candidatures de renom. Elle aurait pu se dérouler en Belgique par exemple, première nation mondiale qui vient en outre d’organiser l’Euro sur son territoire. Compétition qu’elle a d’ailleurs remporté. Mais non. À la beauté sportive, tu as préféré l’argent. Et tu ne t’en caches même pas. Tu l’assumes ouvertement : c’est parce que l’Inde te donnait plus d’argent en contrepartie de l’organisation que tu as choisi sa candidature. Quelle horreur.

Nous qui vomissions la mauvaise tournure du monde du football et préférions scander tes louanges, toi le sport si intègre, qu’allons nous faire? Nous voulions tout copier de toi pour améliorer notre ballon rond si cher mais si entaché de toute affaire possible et imaginable. Nous voulions ton intégrité, ta résistance face aux faiblesses du portefeuille. Nous voulions tes communications publiques entre arbitres. Nous voulions ta simplicité, ta proximité et ta fraîcheur. Nous voulions ton hymne national belge à deux langues. Mais à la place, c’est toi qui a copié notre triste football en cédant, toi aussi, à l’appel de l’argent.

ALVARRO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *