Playlist du mois #9 (mars 2019)

Playlist du mois #9 (mars 2019)

Conformément au titre de l’article, la rédaction de Journa’Lîdje publiera mensuellement une playlist musicale qui reprendra les chansons qui les auront le plus marqués le mois précédent. Plus encore qu’une simple liste, une courte description ou analyse sera proposée pour chaque son.
Les playlists seront divisées en quatre parties, chacune étant la playlist personnelle d’un des quatre rédacteurs en chef du site. L’ordre des chansons n’est pas représentatif d’une quelconque hiérarchie, seul un coup de cœur sera mis en évidence par section.
Ces publications mensuelles ont pour but le partage et la possibilité de découvertes musicales.

Playlist de Mina:

  • [Coup de coeur] Orange Trees (MARINA – Love + Fear): La chanteuse grecque nous diffuse petit à petit le contenu de son nouvel album Love + Fear. Avec Orange Trees, Marina nous diffuse une chanson pop ensoleillée et légère. La vidéo reste dans le même état d’esprit: pleine de couleurs, de fleurs, de soleil et un bleu azur, on y découvre Lefkada et ses origines grecques du côté de son père. Le soleil et la fraîcheur de la chanson nous emmène tout droit vers l’été!
  • On ne meurt pas d’amour (Clara Luciani – Sainte-Victoire): Son au style rétro, un clip tout droit venu du Japon et son air un peu décalé, Clara Luciani nous emmène dans son univers artistique. Sortie en 2018 sur l’album Sainte-Victoire, la chanson n’a eu droit à son clip qu’en début mars 2019. L’artiste parle d’une rupture et relate plusieurs histoires qui ont échoué. Elle partage son sentiment d’être perdue, blessée, abimée mais rappelle à chaque refrain que finalement, on ne meurt pas d’amour. N’hésitez pas à venir la voir en juillet aux Francofolies de Spa, elle sera présente pour la deuxième fois consécutive!
  • Notes pour trop tard (réécriture) x Le malamour (Barbara Pravi – single): Pour le 8 mars, Barbara Pravi avait déjà réécrit une chanson d’Eddy de Pretto en mettant les femmes en avant. Cette année, même exercice. La chanteuse reprend la chanson d’Orelsan, la réécrit en mettant les femmes à l’honneur et la revisite en la mixant avec une de ses chansons, Le Malamour. L’argent généré par celle-ci est d’ailleurs reversé à l’association La Maison des Femmes. Notes pour trop tard x Le malamour parle des barrières qu’une femme peut rencontrer sur sa route, les critiques qui disent qu’elle n’y arrivera pas ou la violence faite aux femmes. « Tu monteras des projets qui se casseront la figure, Mais relève toi, trouve une échelle et escalade les murs, Tu veux devenir patronne? Alors deviens patronne, Ne laisse personne te dire que t’es pas assez bonne.« 
  • Mess Her Up (Amy Shark – Love Monster): Love Monster est le premier album de la chanteuse, sorti en 2018. Fin février, la chanson revient au devant de la scène grâce à son clip. Écrite par Amy Shark, Mess Her Up explique une situation compliquée où deux amis sont secrètement amoureux, dont l’un est déjà en couple. Coincée dans ce mensonge, la chanteuse exprime l’urgence d’expliquer tout à son amie.
  • Don’t Feel Like Crying (Sigrid – Sucker Punch): Après le tube Sucker Punch, Sigrid revient avec une nouvelle chanson pop rythmée au synthé. La chanteuse norvégienne nous parle du choix d’éviter les pièges après une séparation, « Il y a une certaine grâce au chagrin d’amour. Une sorte de… grâce épique! »

A écouter aussi:
Come along (Pentatonix – single) pour une chanson a capella rythmée et originale.
Apple (Julia Michaels – Inner Monologue Part 1) pour une légère mélodie.

Playlist d’ALVARRO:

  • [Coup de coeur] Écoutez-moi (SCYLLA & Sofiane Pamart – Pleine lune) : il y a de ces artistes qui vous marquent en profondeur. Il y a de ces chansons qui vous touchent, vous heurtent et vous transportent en même temps. Écoutez-moi de SCYLLA et Sofiane Pamart regroupe les deux. Si le début du morceau peut sembler plutôt « banal » pour la plume du rappeur bruxellois, la chanson prend rapidement une autre orientation pour une autre dimension. Et le morceau se transforme en opus. En performance de trois minutes intenses. Phénoménal d’interprétation, on sent directement le chef d’oeuvre que ça donnera sur scène. L’écriture est folle (comme si SCYLLA était réellement là et qu’il s’adressait à nous) et passe excellemment du « plus rien ne va dans ce monde » en « mais je continuerai de me battre quoi qu’il arrive » avant de donner du « de toute façon personne ne me suivra » pour faire passer son message. Mais plus encore que le texte c’est la performance « vocale » qui opère. En fait, Écoutez-moi est un peu une version moderne de Ces gens-là. Digne du grand Jacques Brel, et la comparaison n’est pas tant exagérée. Enfin bref, trêve de discours nébuleux, allez juste écouter et prendre votre claque à votre tour!
  • Au DD (PNL – Deux frères) : leur retour était terriblement hypé, leur teasing a formidablement marché et ils ont surtout parfaitement assuré. Annoncé « album le plus attendu de l’année », Deux frères a réalisé un record de précocité en matière de ventes d’albums, et ce n’est pas encore fini. Mais revenons à ce premier single, tourné sur la Tour Eiffel (et non, les plans ne sont pas faux, seules les séquences de nuit ont été retravaillées), qui a déchaîné les passions dès la seconde de sa sortie. Plus mélodique que les premiers projets du duo, Au DD s’inscrit dans la lignée d’À l’ammoniaque vers une recherche plus assidue de cohérence tant musicale que textuelle. On garde les thèmes un peu clichés de jeunes rebeus dealeurs qui s’en sont sortis et peuvent toujours vendre plus et mieux que les autres mais ces phases deviennent moins présentes, et on ne va pas s’en plaindre car on décèle un réel talent d’écriture encore pas assez mis en avant. Mais surtout les deux frères ont lâché leurs célèbres mais ridicules onomatopées, et ça c’est un soulagement tant ça allège le son. En résumé, on peut dire que le groupe a réussi à se perfectionner, à sortir de son style initial et donc à toucher un public plus large. Ils ont ainsi réussi à me faire accrocher à leur projet, alors que j’étais loin d’être un convaincu il y a encore un an. Bravo!
  • Blade Runner (SCYLLA & Sofiane Pamart – Pleine lune) : promis on ne fait pas une fixation sur SCYLLA… bon d’accord peut-être un peu mais ce n’est pas notre faute, nous sommes humains et nous sommes donc faibles et cet homme est un génie. Dernier acte en date? La litanie d’un robot sensible qui résonne terriblement de double sens. Comme le présuppose son titre, Blade Runner entretient un rapport avec le film éponyme puisque SCYLLA s’incarne en cet humanoïde qui commence à développer des sentiments. La métaphore avec une population soumise par les élites était toute trouvée mais magistralement bien amenée, toujours supposée et jamais clichée. Puis l’air de rien, le son a été pensé dans les moindres détails. En témoigne l’existence de ce vibrato vocal aux résonances étrangement robotiques lors des vocalises en sortie de refrain. La grande variété de flows et la montée crescendo de la puissance du son apportent également un impact progressif. En parallèle avec un message dilué qui se solidifie de plus en plus au fil des phrases pour terminer sur ce « cri du coeur » de fin de deuxième couplet. Si Blade Runner n’est pas aussi incroyable d’interprétation qu’Écoutez-moi, le morceau n’en reste pas moins formidable. Il est d’ailleurs bien plus mélodique et reste en tête. Une nouvelle réussite dans un album de très très bonne facture.
  • 11 heures midi (Sinik – Le Réveil) : d’habitude, les séances de psy restent individuelles et secrètes mais Sinik nous propose cette fois « d’assister » à l’un de ces exercices d’auto-discussion. De l’extérieur, on aperçoit ainsi le rappeur parisien se livrer mais également sa psy qui le pousse à continuer, à s’ouvrir plus encore. En découle une véritable introspection sur sa propre histoire et la facette de la vie qu’il a côtoyé liée par de multiples références et métaphores. À une époque où la trap et la vibe prennent le dessus, Sinik continue de garder sa pirogue droit vers son cap dans son style plus épuré mais plus percutant. Avec 11 heures midi, Sinik fait donc du Sinik mais il faut bien avouer que c’est la recette qui marche. Un modèle d’ancien qui a su s’adapter tout en gardant son style propre, un style qui se perd quand même un peu trop. Qu’est-ce que ça fait du bien une petite bouffée de Sinik de temps en temps.
  • Nos gènes (L’Or du Commun feat Isha – SAPIENS) : si beaucoup se mettent d’accord sur le potentiel du groupe belge, on doit bien avouer que leurs productions restent encore trop irrégulières. Pour cette raison, il n’est pas toujours facile de savoir si, oui ou non, on aime réellement le groupe ou seuls certains de leurs morceaux. La simple mention de la collaboration avec le talentueux Isha prévalait cette fois une réussite, et notre intuition était la bonne. Plus travaillé textuellement, Nos gènes ne se perd pas dans une chiée de phases purement formelles et garde sa cohérence musicale et rythmique. Revenu sur un style plus épuré, le groupe prouve une nouvelle fois qu’il est capable de sortir de très bons sons. Il va maintenant falloir travailler sur la régularité et l’homogénéité de leurs projets.

Playlist d’Esteban:

  • [Coup de coeur] Wild (Jonas Blue feat. Chelcee Grimes, TINI, Jhay Cortez – Blue): Les premières notes sont envoûtantes, à l’instar du tempo qui nous transporte quelques mois en avant et nous permet d’anticiper les plages bondées de cocktails et de cocotiers. Ce son électro-pop également le bon goût d’allier deux timbres de voix proches pour un mélange hispano-anglais qui fait mouche sur les claviers de Jonas Blue. Le petit slam de l’artiste latino Jhay Cortez clôt comme il se doit ce hit estival en devenir.
  • I’m Not Sorry (Hardwell & Mike Williams – single): Hardwell est de retour aux platines avec un son redoutablement efficace, à l’image des précédents tubes qu’il a composés par la passé. Le clip se déroule sur fond de récit Hangoveresque et donne envie à ses spectateurs, comme à sa protagoniste principale, d’aller délirer une nuit en soirée sans en être désolé le lendemain. Eh oui, Hardwell n’est pas un enfant de cœur!
  • What I Like About You (Jonas Blue feat. Theresa Rex – single): Double dose de Jonas Blue ce mois-ci! Ca peut paraître excessif mais le compositeur dance-pop se démarque ici nettement du précédent morceau évoqué en première position. Toujours très mélodieux et dansant, il se veut cependant plus « contemplatif » pour les oreilles lors de ses couplets. Inutile que la voix enchanteresse de Theresa Rex risque de résonner un bon moment dans la tête de ses auditeurs. 
  • So Am I (Ava Max – Psycho): Forte de son succès provoqué l’été dernier par Sweet but psycho, Ava Max revient avec un second morceau dans la même mouvance. Celle qu’on a déjà qualifiée de « Nouvelle Lady Gaga » aborde la nécessité de se démarquer par ses différences dans une société trop conformiste. Le tout sur une mélodie qui appelle incontestablement à se déhancher. En bref, la pulpeuse blonde n’a pas fini de faire  parler d’elle.
  • Speechless (Robin Schulz feat. Erika Sirola – single): Robin Schulz a toujours habitué ses auditeurs à de la qualité en matière tropical house, il ne déroge pas à la règle avec ce morceau. Dans Speechless, le DJ allemand, s’associe à une voix singulièrement atypique, un timbre rappelant à certains moment Dolores O’Riordan (chanteuse des Cranberries), qui s’accorde harmonieusement aux sonorités mélancoliques du morceau. Une collaboration assurément qualitative.

Journa’Lîdje

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