Édito | La valse de Madrid

Édito | La valse de Madrid

Le Real Madrid. Tout, rien que dans son nom, transpire la prestance, la grandeur, le succès et l’arrogance. Pourtant, le Roi du football n’est plus, déchu de son trône par sa propre vanité, et son château de cartes (celles que Sergio Ramos aime tant amasser) s’est écroulé. Une glorieuse page s’est tournée dans l’histoire du club, et une nouvelle doit à nouveau se tourner si il ne veut plus revivre la période de vache maigre qui l’aura fait attendre 12 ans sa Decima. Les raisons de l’échec sont nombreux et partagés et les décisions fortes doivent être prises.

Au revoir Florentino Perez. Ta gestion de la cassure Cristiano Ronaldo est l’exemple même de ton incapacité à gérer ce club. Après avoir amené ces grandes stars, tes caprices d’égo nous privent de notre meilleure arme et tu t’es entêté à ne pas le remplacer. Comme tu t’es entêté à ne pas renouveler un groupe qui en avait besoin. Miser sur les jeunes c’est bien, encore faut-il que les anciens soient encore présents mentalement. Au renouvellement de ton mandat, plus personne ne voudra de toi, prépare déjà tes bagages.

Au revoir Gareth Bale, Toni Kroos, Marco Asensio, Isco et tous ceux qui ne sont plus là pour le club. Votre individualisme et votre manque de motivation ont coulé de l’intérieur un bateau madrilène qui avait besoin de piliers. Vos fantomatiques prestations vous ont rendus persona non grata auprès des supporters et Lucas Vazquez, Marcos Llorente et Federico Valverde ont plus apporté que vous. L’avenir du Real est entre leurs pieds, plus entre les vôtres.

Au revoir Thibaut Courtois. Désolé Thibaut, tu nous a tellement offert de joie avec les Diables Rouges, mais tant de haine à Madrid. Forcer ton transfert auprès de Florentino Perez, alors que Keylor Navas est adulé, a fragilisé le groupe. Dans les travées du Bernabeu, tout le monde le sait : Perez demande à Solari de te mettre sur le terrain car on ne met pas sur le banc un joueur qui a coûté autant, avec la menace de ne pas prolonger son contrat l’an prochain. Tu n’as jamais commis de réelle erreur, jusqu’à cette élimination ce mardi. Lorsque Perez sera parti, tu verras sans doute moins souvent le terrain car Bernabeu n’a jamais voulu de toi.

Mais dans chaque valse, le mouvement n’est pas uniforme et trouve toujours son pendant, au Real aussi. Car tout n’est pas noir à la Casa blanca et il faut également récompenser le mérite et souligner les lueurs d’espoir.
Bienvenue donc à Vinicius. On te savait bourré de talent mais pas aussi précoce. Pourtant, tu fus, à 18 ans, le meilleur madrilène sur l’ensemble de la saison. Anderlecht célèbre son gardien Didillon, au Real on célèbre un gamin de 18 piges, symboles d’une équipe à la dérive. Garde cette soif de victoire, cette insouciance et cette humilité, elle te mènera loin. Sans parler de talent pur, tu as tout ce qu’il manque à Neymar pour franchir le dernier palier.

Bienvenue Karim Benzema. Toujours critiqué et rabaissé, tu as du tenir seul l’attaque madrilène après le départ de ton pote Ronaldo. Toi le travailleur, tu as enfilé ton costume de sauveur en empilant les buts. Que ceux qui te maudissent aillent regarder un autre sport, nous on continuera de t’applaudir.

Bienvenue Eden Hazard. Le Real Madrid est fait pour toi et tu es fait pour le Real Madrid. Pourquoi n’es-tu pas encore là, pourquoi as-tu attendu si longtemps pour nous rejoindre? Si c’était Isco ou Asensio qui te faisaient peur pour ta place, tu n’as pas de souci à te faire sais-tu. Tu vas ramener du génie, de l’imprévisibilité et de l’insouciance à un club qui en manque cruellement. Eden, nous t’offrons notre jardin du Bernabeu, amuses-y toi, tu as carte blanche et emmène nous à nouveau au sommet.

Bienvenue enfin Mauro Icardi. La rumeur de la venue de l’argentin date déjà et l’Inter lui a fait comprendre qu’il ne compte plus sur lui. Notre Benzema se sent bien seul en pointe et attend impatiemment l’arrivée d’un nouveau pote. Habitués au galère, vous saurez bien vous comprendre. Ta hargne, ton sens du but et ta mentalité seront ici adoubées. A Bernabeu, on ne crache pas sur un jour qui se donne pour son club, n’est ce pas l’Inter?

Quoi qu’il en soit, le Real n’est pas mort, mais le Real doit se relever. Et pour cela, il faudra faire le ménage. Exit les mercenaires qui ne pensent qu’à leur propre personne et ne se remettent jamais en question. Le Real Madrid est une institution, pas une addition d’individualités. Tout joueur du Real doit se dévouer à la grande cause de son club, sous peine d’être rejeté et oublié. Que la nouvelle direction aille en ce sens et la Casa blanca surplombera à nouveau l’Europe entière. Le retour de Zizou à Bernabeu et l’arrivée déjà actée du très prometteur Eder Militao s’inscrivent d’ailleurs dans cette nouvelle lignée. Hala Madrid!

ALVARRO

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