Revue de la semaine #11

Revue de la semaine #11

Chronique hebdomadaire, la Revue de la semaine aura pour but de revenir sur certains sujets de la semaine écoulée, non pas en en listant la simple neutralité d’information mais en y apportant un point de vue, une critique ou une approche de réflexion. Entre une et trois informations seront sélectionnées par jour afin d’en livrer une courte analyse sans encombrer une chronique qui se veut directe. La volonté de la rédaction est d’amener chaque sujet à être traité et lu comme une brève.

Lundi

Devenir ramasseur de coca pour fuir le Venezuela

Depuis de nombreuses années, le Venezuela est aux prises avec une crise économique et sociale terrible qui s’est fortement accentuée depuis trois ans. Le taux de chômage a explosé et le pays a connu une inflation de plus de 3000% sur le seul exercice 2018. Des vagues entières de sa population migrent chaque jour vers les frontières, principalement la colombienne, pour tenter de fuir le pays. Mais que deviennent ces expatriés de force une fois le territoire national derrière eux?
Ils entament souvent une reconversion vers les métiers manuels (maçonnerie, plomberie) mais abandonnent vite pour se tourner vers une activité d’autant plus pénible que rentable : le ramassage des feuilles de coca. Pour l’équivalent de 144 dollars par semaine, les raspachines (« gratteurs de coca ») courbent chaque jour l’échine durant plus de dix harassantes heures sous un soleil brûlant ou des tempêtes de pluie, voire de grêle. Les mains martyrisées seulement protégées par un mince châle de tissu, ils acceptent de pareilles conditions de travail pour garder le contact avec la famille restée au pays : les communications vers le Venezuela coûtent cher, quand elles ne sont pas coupées.
Aujourd’hui acquis à la cause des migrants, le travail de raspachine a été délaissé par les Colombiens qui le jugeaient trop dangereux. La culture de coca, matière première de la cocaïne, est non seulement interdite mais également en proie aux affrontements entre groupes armés qui veulent monopoliser la production. Les migrants sont soumis à des règles strictes, comme l’interdiction de consommation de drogues et le port d’arme (pour ne pas les exposer) et ne trouvent du boulot qu’en cas de lettre de recommandations de Colombiens. Au bord de la rupture, une centaine de raspachine vénézuéliens a déjà été expulsée des champs de coca pour vols, usage de stupéfiants ou tentative de meurtre en raison des conditions de travail épouvantables. Si ils sont chassés, c’est pour qu’ils ne se fassent pas tuer par les groupes armés, intraitables quant au non respect des règles.
Conscients de leur abominable situation, les migrants vénézuéliens développent une haine plus grande encore envers celui qui est la cause de leur réalité, le président Nicolas Maduro. Déjà rejeté au pays, il est honni par les expatriés qui verraient d’un bon oeil l’organisation d’un coup d’Etat. Concernant leur nouvelle vie, les raspachines vénézuéliens se disent « contents d’avoir trouvé les narco-plantations… Sinon, que ferait-on? »

Mardi

Un radar à l’image de la Belgique

Placer des radars c’est bien, les faire fonctionner c’est mieux! Si l’on connaît de temps à autre des accidents consécutifs au dysfonctionnement de radars routiers, on est tombé cette fois sur une mine d’or. D’après Bruxelles Mobilité, le radar fixe du Boulevard Lambermont à hauteur d’Héliotropes ne fonctionne plus depuis près de… 10 ans! Les soucis remontent à l’horizon 2009-2010 et n’ont toujours pas été réglés par les autorités.
Deux questions viennent alors : pourquoi ne fonctionne-t-il plus depuis si longtemps et pourquoi le problème n’a-t-il toujours pas été corrigé? Le problème vient du type de radar qui utilise des boucles de détention (une première vérifie que la voiture n’a pas grillé le feu rouge, une seconde mesure la vitesse), une technologie très fragile. En effet, dès que le macadam est touché (travaux, nids de poule,…), elle cesse de fonctionner. Quant au fait que le problème ne soit toujours pas résolu, les autorités compétentes (enfin en théorie) se reposent sur les travaux des différents tunnels bruxellois (« question de coordination de chantier, on ne peut pas bloquer Bruxelles ») pour tenter de se légitimer.
Alors oui, on entend les faits et les arguments, mais ça ne suffit pas. Les chantiers des différents tunnels ont débuté il y a bien moins de dix ans et le problème était déjà connu. L’excuse des chantiers tend à cacher un cruel manque de prise de décisions, le radar aurait déjà du être remplacé bien avant le début des travaux. De plus, la technologie des boucles de détection est reconnue comme fragile et la Wallonie est déjà passée à des radars nouvelle génération, ce qui n’est pas le cas de Bruxelles où l’on traîne encore l’ancienne technologie défectueuse. Et pour être moins progressiste que la Wallonie, il faut être fort! On se retrouve donc avec un radar qui ne fonctionne plus depuis dix ans parce que l’on a pas voulu intervenir ni changer une technologie que l’on savait défectueuse, une situation que l’on tente désormais de cacher derrière des arguments bancals de coordination de travaux. Quand le mensonge tente de sauver l’amateurisme, on est en plein dedans.

Charles Michel pourrait s’en aller!

Le premier ministre belge a fait un discours de 45 minutes face aux étudiants du Collège d’Europe. Pas de discours écrit mais tout simplement des points que Charles Michel a voulu aborder. Selon le Premier ministre, la construction européenne est « une des plus belles idées politiques du siècle dernier, un des plus beaux projets de l’humanité » et il est « un européen convaincu, totalement acharné » (© RTBF). Il se permet de faire des propositions comme l’harmonisation du salaire minimum européen… Son discours a été parsemé de petits commentaires sur son attachement au projet européen. Tous ces éléments du discours nous font étrangement penser au discours d’un candidat au Parlement européen. Mais Charles Michel n’a pas encore poser d’acte de candidature. Même s’il n’y a pas encore de candidature, n’est-ce pas un peu prématuré ? Le gouvernement belge a implosé il y a quelques mois et déjà le Premier ministre pense à l’Europe. Ne sent-il pas qu’il va payer ce gouvernement en affaires courantes aux prochaines élections de mai 2019 ? La question de la tête de liste européenne se pose toujours entre Charles Michel et Olivier Chastel, le Président du MR. Après l’annonce de la candidature de Didier Reynders au secrétariat général du Conseil de l’Europe en Janvier. Voilà que Charles Michel annonce être un acharné du système européen. Je crois qu’il est grand temps que les 2 hommes politiques se concentrent d’abord sur le pays pour envisager une telle éventualité. 2 hommes forts qui semble vouloir laisser couler le bateau le 26 mai 2019 en s’éloignant vers l’Europe. Une chose est sûre, les élections du 26 mai prochain pourraient nous apporter bien des surprises !

Mercredi

Quelqu’un a dit « infidèle »?
« L’infidélité s’installe quand l’amour s’estompe“

Mistress Day : la tradition est officieuse et provient du Royaume-Uni. Le 13 février, veille de la Saint-Valentin (fête des amoureux), les couples illégitimes célèbrent le Mistress Day, le Jour des amants. A Mons, il y a un petit hôtel de Charme qui accueille les amants. Il y a 12 chambres thématiques : Nuit de Chine, lavande ou Baie des anges… Bougies, Mélodies d’ambiance, pétales de rose, il ne faut pas être Bac + 8 pour comprendre qu’on ne vient pas dans cet hôtel pour dormir. Au moins, c’est une pratique qui prend le contre-pied de la Saint-Valentin. Faut-il trouver ça marrant ou complètement déplacé ? à vous de juger! La Saint-Valentin est surtout devenue une fête commerciale. C’est un vrai Business! Néanmoins, le Mistress Day n’est également pas mal dans le genre, ainsi cette Saint-Valentin des amants profiterait aux hôtels, loves-room, clubs libertins, aux sex-shops mais aussi aux boutiques privées et aux boites d’espionnage. J’avoue ça fait peur, on se demande dans quelle société on vit! A quoi bon être avec un(e) conjoint(e), si c’est pour aller à l’hôtel avec son amant/ sa maîtresse. Plus sérieusement, nous devons nous poser de vraies questions sur cette pratique! Ce n’est jamais agréable pour personne de se faire tromper, qui plus est la veille de la Saint-Valentin. Les convictions libertines ou polygames de certains sont bien sûr tout à fait légitimes mais de là à tromper son conjoint pendant trois heures dans un hôtel de charme, il y a quand même un pas à franchir… Evidemment, cette pratique ne fait pas rire tout le monde, surtout les conjoints trompés. Sur ce, la rédaction vous souhaite quand même une agréable Saint-Valentin…

Record: 50 millions d’arbres plantés!

Lancé en 2009, le moteur de recherche Ecosia avait comme but d’aider à la plantation d’arbres grâce aux recherches internet. L’équipe Ecosia écrit: « En 2014, nous plantions un arbre par minute au Burkina Faso. Aujourd’hui, nous plantons un arbre chaque seconde dans l’un de nos 21 projets de reforestation présents dans le monde entier. »
Le Burkina Faso n’est pas le seul pays a être reboisé, on compte également la Tanzanie, le Pérou ou l’Indonésie notamment. Cette reforestation sert non seulement à préserver des réserves naturelles mais aussi à restaurer les réserves d’eau et la fertilité des sols au Pérou, empêche la progression du désert au Burkina Faso ou encore à éviter les écoulements de boue dans des villages au nord de la Tanzanie.
Ces dernières nouvelles nous encouragent à persévérer dans la reforestation ou dans les petits gestes aidant la planète. Toutefois, n’oublions pas que ces 50 millions d’arbres plantés ne sont pas un prétexte pour continuer à polluer. Ces arbres sont une aide et non une solution sur le long terme.
« Ces arbres ont absorbé 2,5 millions de tonnes de CO2 de notre atmosphère », ajoute le groupe sur leur blog. Ecosia espère pouvoir atteindre le chiffre d’un milliard d’arbres plantés d’ici 2020.

Jeudi

A Hawaï, on troque le surf pour le ski

Comme nous l’a appris un grand penseur à la chevelure folle et dorée, le réchauffement climatique est une invention des Chinois. Eh bien le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils sont motivés les grands méchants bouffeurs de riz (du Trump dans le texte) puisqu’ils viennent de mettre en place de gigantesques jetées de neige sur l’Etat américano-tropical d’Hawaï.
Rarissimes à cet endroit du globe, les tombées de poudreuse se sont abattues sur l’île de Maui, très chère aux surfeurs. Si le volcan Haleakala avait déjà fait plusieurs fois connaissance avec son opposée physique du haut de ses 3055 mètres, il a également neigé dans les allées du parc naturel de Polipoli, du jamais vu à une altitude inférieure aux 2000 mètres. De telles chutes historiques trouvent leur origine dans une tempête de neige venue du nord des Etats-Unis qui a frappé l’archipel de plein fouet. Les rafales de vent qui l’accompagnaient ont déraciné un grand nombre d’arbres et arraché de nombreuses toitures, provoquant de multiples coupures de courant sur l’île. La situation ne semble même pas prête de s’arrêter puisque les météorologues prévoient de nouvelles chutes de neige dans les prochains jours.
Chaque semaine on se répète et chaque semaine on râle de devoir se répéter mais l’urgence climatique frappe de plus en plus fort à nos portes et il est temps de lui ouvrir. Entre études alarmantes et dérèglements climatiques, chaque semaine nous apporte de nouvelles mauvaises nouvelles (devenues des habitudes désormais) et il est plus que temps d’agir pour en inverser le processus. Si il existe des onces d’espoir, il n’en reste pas moins préoccupant que celles-ci ne soient qu’exceptions et ce ne sont pas trois-quatre décisions prises dans un coin de la planète qui feront changer les choses. L’urgence climatique et la survie future dépendent de nos implications à tous, de nos efforts à tous. Continuons et continuez les manifestations étudiantes (et rejoignez les si ce n’est pas encore le cas, même si vous n’êtes plus étudiants), c’est maintenant qu’il faut agir!

« Plus chaud, plus chaud que le climat »

Scandé lors de la première marche pour le climat en décembre, ce slogan est désormais brandi par les jeunes chaque jeudi lors des manifestations pour le climat. Tout a commencé lors de cette manifestation pour le climat à Bruxelles qui a rassemblé près de 65 000 personnes. Depuis, tous les jeudis, des élèves, et depuis peu des étudiants, manifestent pour faire prendre conscience aux politiques qu’il est grand temps de se bouger pour le climat.
Journa’Lîdje a souvent écrit sur le réchauffement climatique. Et observer aujourd’hui les jeunes se mobiliser pour assurer un meilleur avenir aux futures générations fait plaisir à voir. On espère que ces manifestations serviront! En tout cas, une chose est sûre, il faut que l’Europe se mobilise pour relever ses ambitions climatiques.

Vendredi

L’Etat belge endetté envers l’Université de Liège

La médecine légale belge est en danger et ce notamment pour cause de problèmes financiers. En effet, l’Etat belge doit un million d’euros à l’institut médico-légal de l’Université de Liège pour des frais de médecine, et plus précisément pour des autopsies, analyses d’échantillons de salive ou de sang demandées par les parquets dans le cadre d’instructions judiciaires.
Pour l’expert médical Fréderic Bombled, « Le SPF Justice paie avec beaucoup de retard. Les barèmes sont très bas. On ne peut pas en vivre. Maintenant, à Bruxelles, cela va un peu mieux. Avant, on était payés avec un an de retard. Aujourd’hui, c’est trois à six mois. » Il ajoute que la spécialisation existe et a une reconnaissance depuis 2002, ce qui en fait un métier assez récent et finalement assez peu attractif lorsque l’on prend en compte le contact avec la mort, les horaires variables ou encore l’aspect financier. Pour le docteur Vanhaebost, « Il ne faut pas faire ce métier pour l’argent ».
Selon Anne Girin, directrice financière de l’ULiège, l’Université a mandaté un avocat pour entamer une procédure juridique. Le laboratoire d’analyses criminelles d’ADN de l’Université de Liège est le dernier de Wallonie. Faute de moyens, les autres laboratoires ont fait faillite.
Le professeur Boxho ajoute quelques chiffres inquiétants: « La médecine légale est le parent pauvre de la médecine. En 2000, il y avait 42 médecins légistes pour la Belgique. En 2015, ils n’étaient plus que 21 ».
En somme, c’est l’expertise médico-légale belge qui risque de disparaitre, que ce soit pour des raisons financières ou dû à un manque de connaissance de cette spécialisation. La question que l’on se pose finalement est pourquoi ce retard si considérable de la part de l’Etat belge?

Samedi

Au Venezuela, le volontarisme contre l’armée

La situation vénézuélienne ne cesse d’empirer depuis maintenant un an et demi et le pays connaît une profonde remise en cause. Élu par les urnes dans des circonstances plus que douteuses, Nicolas Maduro se voit contester par l’opposant Juan Guaido, autoproclamé président par intérim et désormais reconnu par de nombreux pays sud-américains et européens.
En marge d’une nouvelle manifestation le 23 février, ce dernier a rassemblé des milliers de volontaires pour faire entrer l’aide humanitaire américaine dans son pays « quoi qu’il arrive. » Près de 200 tonnes de vivres et de médicament sont en effet stockées depuis le 7 février dans la ville colombienne frontalière de Cucuta, en attente de pouvoir entrer au Venezuela. Face au blocage des frontières par les autorités vénézuéliennes mis en place par Nicolas Maduro, Juan Guaido a appelé les militaires à laisser passer une aide devenue plus que vitale pour leur pays (« tu as, entre tes mains, la possibilité de lutter aux côtés d’un peuple qui subit les mêmes pénuries que toi »). Mais le président « élu », qui possède l’armée avec lui, leur a ordonné de préparer un plan spécial de déploiement à la frontière qu’il veut « inviolable, imbattable, inexpugnable » (quitte à intervenir par la force contre des volontaires démunis). Des résolutions qui s’annoncent de plus en plus difficiles à tenir puisque le stockage des aides se fait désormais également au Brésil et à Curaçao, les frontières à « protéger » vont vite devenir trop nombreuses pour Maduro.
Confronté à une crise économique, sociale et humanitaire qu’il ne parvient pas à réguler, le successeur d’Hugo Chavez ne cesse de rejeter les aides extérieures qu’il considère comme un moyen d’entrer dans le pays pour préparer une intervention militaire américaine. Qualifiant l’aide humanitaire de « miettes de nourriture pourrie », il dément même l’existence d’une urgence humanitaire, alors que son peuple se meurt et tente à tout prix de fuir le pays malgré les barrages aux frontières, et rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions américaines qui visent son pays. La tête dans le sable, il réfute en bloc tout problème interne, se met progressivement la plupart de la communauté internationale à dos et refuse de laisser partir un peuple affamé au bord de la mort. Qu’ils soient migrants, expatriés ou rongés par la famine et la misère au pays, de plus en plus de Vénézuéliens se disent prêts à tout pour faire chuter Maduro et certains voient d’un bon oeil l’arrivée d’un coup d’Etat, malgré les nouvelles incertitudes que cela créerait.

Dimanche

Rouler à la bière, ce sera bientôt possible

Le géant brassicole AB InBev vient d’annoncer un accord de partenariat avec Alcogroup, fabricant belge de combustibles biologiques, en vue de la transformation d’une partie de l’alcool résiduel de ses bières 0% en biocarburant. L’entreprise veut trouver une application « plus écologique et plus ambitieuse » pour des résidus encore considérés comme des déchets. Chaque semaine, le brasseur enverra une partie de ses 75 000 litres d’alcool résiduel chez son nouveau partenaire en vue d’une réutilisation plus verte et plus rentable (pour info, 100 litres d’alcool résiduel donnent 18 litres de biocombustible). L’objectif avoué est d’atteindre la conversion d’un million de litres en nouveau biocarburant d’ici fin juin.
Il ne s’agit pas de la première mise en place de réutilisation écologique des produits d’AB InBev qui participe, depuis plusieurs années déjà, à la production de vinaigre à base d’alcool résiduel en Australie. Alors que l’on vient de parler de projets d’avenir et de réflexion à long terme, il était important pour nous de mettre en avant une belle initiative, belge qui plus est.

Journa’Lîdje

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