BREXIT ou BREXSHIT?

BREXIT ou BREXSHIT?

Comprendre ce qu’est le Brexit!

En janvier 2013, David Cameron, le premier ministre britannique propose un référendum (vote qui permet aux citoyens d’accepter ou de refuser une mesure prise par le gouvernement) sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne, ou « Brexit ». 

Mais que veut dire « Brexit »? 

C’est un mot valise réunissant British (britanniques)/Britain (Grande-Bretagne) et exit (sortie). Il signifie le retrait (éventuel) du Royaume-Uni de l’Union européenne. 

Quelles seraient les conséquences du Brexit? 

  • La perte de l’une des trois plus puissantes économies de l’Europe. 
  • Le début d’une dissolution de l’Union européenne. 

Le vendredi 24 juin 2013, la population du Royaume-Uni a voté en faveur de la sortie de l’Union européenne avec près de 52% des votes. Une décision entérinée en mars 2017 lorsque le Royaume-Uni a déclenché l’article 50 du traité sur l’Union européenne qui entame son retrait de l’Europe. Les négociations entre le Royaume-Uni et l’Europe débute le 19 juin 2016 : dès le mois de décembre, des accords intermédiaires sur la frontière irlandaise, le coût du divorce et le droit des expatriés au Royaume-Uni sont trouvés. 

Britanniques et Européens ont désormais jusqu’en mars 2019 pour négocier les conditions du Brexit. Côté Britannique, c’est la première ministre Theresa May qui mène les négociations sur ce dossier. Face à elle, on trouve les 27 autres états membres de l’Union européenne et Michel Barnier, négociateur en chef. 

Parmi les sujets de négociations on peut trouver : 

  • La facture de sortie de l’Union européenne (qui pourrait s’élever à près de 40 milliards €) 
  • La libre circulation des personnes 
  • Le statut des citoyens européens au Royaume-Uni et celui des britanniques en Europe. 
  • La frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande

Sans oublier toutes les réglementations quelles qu’elles soient sur les biens et services. Les dossiers sur lesquels doivent négocier les deux parties se comptent par centaines et prendront plusieurs années avant d’être définitivement réglés. C’est pourquoi Bruxelles et Londres ont réussi à accorder leurs violons sur une période de transition post Brexit qui durera jusqu’au 31 décembre 2020 afin d’éviter une rupture brutale qui n’arrangerait aucune des deux parties. Cela permet également de laisser le temps au Royaume-Uni et à l’Union européenne pour conclure des accords commerciaux. 

A la suite du Brexit, l’Union européenne perdra un allié de choix représentant l’une des trois plus grandes puissances économiques d’Europe, l’une des plus importantes places financières au monde, et un acteur diplomatique de premier plan. Mais le départ de cette île, traditionnellement peu favorable à l’intégration européenne peut aussi permettre de rassembler les 27 autres pays toujours présents dans l’Union européenne autour d’autres projets. 

Mais au fond, où en est le Brexit aujourd’hui? 

Le dimanche 25 novembre 2018, après des négociations tumultueuses et beaucoup de remous dans le dossier du Brexit, les dirigeants européens ont donné leur feu vert à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Un divorce qualifié de “ tragédie“ par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, après une relation (pas toujours fusionelle) de plus de 40 ans. 

L’inédit traité de retrait négocié pendant 17 mois entre Londres et Bruxelles devra toutefois passer l’épreuve de la confirmation du Parlement européen mais surtout la redoutable épreuve du Parlement britannique avant d’entrer en vigueur. Un pavé de près de 600 pages sera joint au traité de divorce pour tenter d’aider Londres et Bruxelles à nouer une relation assez proche une fois Brexit entériné. 

Avant de signer, certains Etats membres avaient demandé des garanties supplémentaires dans certains domaines comme celui des futurs droits de pêche dans les eaux territoriales britanniques. Ce sujet, cher notamment à la France et à l’Espagne, n’a pas encore été résolu dans le traité de retrait, qui prévoit l’obligation de trouver un accord au plus tard d’ici à la mi-2020. Les deux pays semblent avoir eu des garanties nécessaires car ils ont signé. 

L’économie du Royaume-Uni va-t-elle chuter après cet accord? 

L’accord de Brexit conclu avec l’Union européenne semble être le moins coûteux pour le Royaume-Uni, c’est en tout cas, ce qu’a déclaré Theresa May pour persuader l’île du bien de cet accord. La Grande-Bretagne sait que quitter l’Europe aura un coût mais ce qu’essaie de faire actuellement la Première ministre, c’est de réduire au maximum ce coût. Si l’accord scellé dimanche est adopté par le Parlement britannique, sa croissance économique sera inférieure de 1 à 2% dans 15 ans par rapport à ce qu’elle aurait été si il était resté dans l’Union européenne. Cependant, ce choix semble être la moins pire des évolutions quand une sortie sans accord (no deal) verrait la croissance du PIB perdre 7,6%. Une économie qui ne sera donc pas au mieux de sa forme mais qui pourrait éviter le pire en cas d’accord. En fait, les conséquences économiques du Brexit dépendront surtout de la nature des futures relations commerciales entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Et en la matière, les partenaires décideront plus tard…

Trois scénarios s’offrent dès lors à eux : 

  1. Le No Deal : pas d’accord, les Européens et les Britanniques deviennent des étrangers commerciaux. C’est le retour des barrières douanières et des quotas (leur relation serait régie par les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce). 
  2. La zone de libre échange : les barrières douanières sont supprimées. Les biens et les services continuent de circuler librement mais chacun décide de sa politique commerciale et des tarifs douaniers qu’il souhaite leur appliquer. 
  3. L’Union douanière : en plus d’une politique de libre-échange entre les membres, tous appliquent la même politique commerciale en imposant les mêmes tarifs douaniers. C’est la situation actuelle dans l’Union européenne. 

Ce troisième scénario est maintenu, jusque fin 2020. Autrement dit, rien ne change! Cette période transitoire pourrait même être prolongée jusqu’en 2022. Mais il faudra, bien évidemment, d’ici là, redéfinir de manière plus précise la nature des relations économiques entre les deux parties. A moins que le Parlement britannique ne vote pas cet accord… Affaire à suivre! 

Vous l’aurez compris, le Brexit ne semble pas encore prêt à entrer réellement en vigueur. Mais le 29 mars 2019, le Royaume-Uni sortira normalement de l’Union européenne, enfin seulement si son Parlement n’en n’a pas décidé autrement. Réponse donc les 10 et 11 décembre prochain lors du vote du Parlement britannique.

Tchoupi (Julien) 

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