La Revue de la semaine #9

La Revue de la semaine #9


Chronique hebdomadaire, la Revue de la semaine aura pour but de revenir sur certains sujets de la semaine écoulée, non pas en en listant la simple neutralité d’information mais en y apportant un point de vue, une critique ou une approche de réflexion. Entre une et trois informations seront sélectionnées par jour afin d’en livrer une courte analyse sans encombrer une chronique qui se veut directe. La volonté de la rédaction est d’amener chaque sujet à être traité et lu comme une brève.

Lundi
« La Voix des sans-papiers » une nouvelle fois délocalisée
Regroupant une centaine de clandestins principalement originaires d’Afrique, la Voix des sans-papiers est un collectif d’aide au domicile qui existe depuis de nombreuses années déjà mais continue de rencontrer les mêmes difficultés. Perpétuellement délocalisés, ils vont à nouveau devoir bouger puisque l’immeuble de Molenbeek dans lequel ils avaient élu domicile est destiné à être transformé en un hôtel de 70 chambres. Il s’agit déjà, depuis le 21 octobre, de la 11ème occupation du collectif. La commune a joué les intermédiaires entre eux et la société des propriétaires, H3O, qui aimerait dégager le périmètre pour le début des travaux mais le tribunal de première instance de Bruxelles a rendu à cette dernière une ordonnance autorisant l’expulsion des occupants.

Le problème, plus encore que cette nouvelle délocalisation en elle-même, c’est que le projet de construction de l’hôtel, censé être la raison de l’expulsion, est très incertain en raison du retard accumulé d’H3O dans ses démarches : le permis d’urbanisme sera caduc le 5 décembre et elle a déjà dépassé les délais pour en obtenir la prolongation. De plus, aucun des préalables requis pour pouvoir entamer les travaux ne sont remplis. La date de début du chantier n’a ainsi toujours pas été confiée à la commune et les charges d’urbanisme (obligatoires pour entamer le chantier) ne sont toujours pas payées.
Actuellement, le projet ne peut donc pas voir le jour et la Voix des sans-papiers ne peut être expulsée sur ces faits. Les deux parties se sont dès lors retournées vers la commune pour faire annuler ou suspendre la situation d’expulsion du collectif, mais le collège communal n’assure plus que les affaires courantes en attendant que la nouvelle majorité PS-MR ne prenne le relais. Et comme en Belgique la situation des sans-papiers et des immigrés n’est pas une priorité (et ne fait donc pas partie des affaires courantes), le collectif reste toujours sous la menace d’une expulsion forcée de la part des forces de l’ordre alors que les deux parties y sont opposées. Encore une histoire bien à la belge.

Mardi
La NVA ne veut pas du pacte sur les migrations de l’ONU! 

Il y a une semaine, les médias annonçaient que Charles Michel ne pourrait pas être en mesure de signer le texte de l’ONU sur les migrations, la NVA refusant de signer un texte qu’elle trouve trop contraignant pour la Belgique. Le premier ministre doit normalement avoir la signature de tous les vice-premier ministres pour se rendre au sommet de l’ONU au Maroc ces 10 et 11 décembre. Mais si la NVA ne signe pas, la Belgique pourrait se retrouver dans une situation de crise politique pouvant entraîner la démission du gouvernement. Cette crise pourrait nous amener dans une situation comparable aux 500 jours sans gouvernement d’il y a quelques années.
Mais alors que faire? C’est le jeu du chat et de la souris qui est en train de se produire au sein du gouvernement, chacun veut mettre sa position en avant mais personne ne prend ses responsabilités. Le Premier ministre affirme être déterminé à signer ce texte mais va-t-il tenir sa promesse ou finalement se rallier à la NVA (à qui, mettons les pieds dans le plat, il semble soumis)? Deux scénarios sont possibles : soit la NVA accepte les exigences du Premier Ministre qui bénéficie du soutien de ses deux autres partenaires de gouvernement, soit le parti reste sur ses positions et libre à lui de quitter le gouvernement. Une situation plus que périlleuse à 1 mois de l’entrée en fonction de la Belgique au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Des négociations qui s’annoncent âpres et qui pourraient voir la Belgique plongée dans des élections anticipées. Un jeu de dupes auquel les citoyens ne sont pas confiés et une situation tendue pour une Belgique au bord du gouffre. On y verra déjà un peu plus clair les 10 et 11 décembre lors du sommet de l’ONU au Maroc.

Le football belge vend (à nouveau) son âme au Diable
Au vu de l’évolution de l’affaire du Footgate et de ses prévenus, les supporters et les observateurs le sentaient tout doucement arriver, mais quand même pas à ce point là : le (nouveau) scandale footballistique belge n’accouchera (une nouvelle fois) que d’une souris. Après les nombreuses libérations sous conditions et le retrait du juge chargé de l’affaire pour « possibles conflits d’intérêt » en raison de sa proximité avec certains des prévenus (comment est-ce d’ailleurs possible qu’un juge, connaissant parfaitement la loi belge et se sachant indirectement impliqué, ait accepté de couvrir l’affaire, si ce n’est exactement pour faire capoter le dossier?), Dejan Veljkovic, le pion central de cette double affaire (impliqué tant dans le blanchiment d’argent et les commissions d’agents gonflées que dans le trucage de matchs) vient d’être reconnu « repenti », libéré sous conditions et porté au rang de « collaborateur précieux » par la justice belge.

Bon, par où commencer? Le parquet a motivé sa décision par la volonté de Veljkovic de « ne pas être le bouc émissaire […] Il a rapidement manifesté son intention de collaborer » en expliquant que le prévenu s’était « engagé à faire des déclarations sincères et complètes sur son implication […] et sur le rôle des tiers. » Rappelons tout de même que, contrairement aux idées reçues, la loi belge permet au prévenu de mentir à la barre, donc pourquoi ne mentirait-il pas dans cette affaire? On peut aussi rappeler que l’un des grands reproches fait par la population à la justice belge (et française aussi) est sa grande clémence envers les « grands » en opposition avec son intransigeance pour les « petits », une critique qui prend encore de l’ampleur dans cette affaire. On a parlé de monde pourri lors de la révélation du scandale et qu’apprend-t-on à peine un mois plus tard? Que ce monde, qui voulait tant se nettoyer, réintroduit en son sein le grand investigateurs d’une partie de sa pourriture, alors oui ce monde est pourri et surtout ce monde ne veut pas en sortir, il s’en satisfait pleinement et l’expose à tous. Nommer Dejan Veljkovic collaborateur à la lutte contre la fraude footballistique c’est comme nommer Marc Dutroux à la lutte contre les réseaux pédophiles (on ne parle ici bien évidemment pas d’une comparaison des faits mais bien d’une similitude entre les deux situations). Avec cette nomination, l’Union Belge et la justice belge nous rient clairement au nez, comme d’habitude les puissants ne sont pas réellement poursuivis et continuent toujours d’exercer (coucou Stéphane Moreau). Encore et toujours, la Belgique reste dans ses problèmes et continue même de s’y enfoncer, belle évolution.

Mercredi
L’Ancien Monde l’emporte lors du choc des civilisations
L’expression « choc des civilisations » est souvent utilisée, très souvent à tort d’ailleurs, mais il a vraiment eu lieu ce mercredi lors de la rencontre entre un Américain « moderne » et une tribu indienne coupée du monde depuis plusieurs siècles. Le peuple des Sentinelles serait issu des premières populations humaines à avoir quitté l’Afrique, il y a 600 000 ans de cela, et vivent en autarcie sur l’île d’Andaman depuis (l’Inde en a d’ailleurs interdit l’accès pour ne pas troubler leur choix de vie). De nombreuses tentatives d’entrée en contact ont été lancées ces dernières décennies mais les chasseurs-cueilleurs les ont toujours violemment rejetées. John Chau, chrétien américain de 27 ans, n’a pas voulu écouter les avertissements et, se sentant investi d’une mission, a voulu forcer un rapprochement des deux mondes au nom de Jésus. Déclarant avoir « hâte de les voir adorer Dieu » dans sa dernière lettre à sa famille, il a atteint l’île avec l’aide de passeurs illégaux mais n’en a pas dépassé la belle plage : à peine le pied posé sur le sable fin de l’île d’Andaman, il faut transpercé d’une volée de flèches en provenance de la forêt. Il avait pourtant été prévenu : la veille de sa mort, il avait déjà tenté une approche mais un enfant avait décoché une flèche dans sa Bible.

En extrapolant, on pourrait dire qu’à vouloir tout coloniser, tout contrôler, tout diriger, le Nouveau Monde décadent s’est à nouveau heurté de plein fouet à la solidité de l’Ancien Monde, aux fondations plus solides et plus traditionnelles. C’est pourtant à peine exagéré quand on regarde la façon dont nos sociétés « modernes » ont évolué vers une idéalisation de l’image et du paraître, une glorification de la réussite et de la richesse et une stigmatisation de la différence et d’autrui, quittant ses pénates de valeurs, traditions et respects divers (pour l’autre, pour la nature, pour la différence) pour s’épanouir dans l’oisiveté, l’arrivisme et l’avarice. Combien de fois a-t-on d’ailleurs vu certaines personnalités s’émerveiller de retrouver des peuples qui « ont gardé ce rapport aux valeurs, qui sont restés simples, qui sont restés humains » lorsqu’ils s’immergent dans des peuplades reculées, éloignées de nos sociétés « modernes »? Non, nos mondes « évolués » en le sont pas tant que ça, ils ont simplement déporté l’idéal des morales et qualités fondamentales vers un matérialisme excessif, nous n’adorons plus ceux qui représentent les valeurs mais ceux qui représentent la réussite. Nous avons oublié ce qui était fondamental au respect de la vie sur Terre pour nous concentrer sur l’accessoire, et c’est pourquoi nous en sommes aujourd’hui à cette urgence climatique. Il ne faut pas rejeter en tout point nos nouvelles sociétés, mais il faut se souvenir de ce qui est (était) essentiel pour le remettre au goût du jour, ne nous aveuglons pas de notre « modernité ».

Jeudi
Des moines bouddhistes deviennent obèses!

Information un peu plus légère, ces dernières années certains moines bouddhistes deviennent obèses à cause d’offrandes sucrées. Chaque jour, des milliers de moines bouddhistes font en effet le tour de la Thaïlande pour obtenir des offrandes, mais les boissons sucrées et gâteaux industriels qu’ils reçoivent les rendent souvent obèses. Un phénomène devenu un vrai problème de société au sein du royaume thaïlandais. La tradition de faire des offrandes en nature aux moines est très répandue au sein du pays mais également au Cambodge et en Birmanie.
Il est malheureusement difficile d’arrêter une tradition aussi présente du jour au lendemain. Principaux ennemis à abattre, les boissons sucrées que les moines boivent en grande quantité pour contrer leur interdiction de nourriture solide durant l’après-midi. Des mesures ont pourtant été mises en place pour lutter contre l’obésité au sein des monastères et les autorités sanitaires tentent de les sensibiliser aux bases de la diététique. Des initiations à la diététique sont organisées un peu partout dans le pays, y compris dans les monastères de province pour tenter de changer leurs habitudes alimentaires. Le gouvernement a également lancé la rédaction d’une charte de la santé des moines établie par la junte militaire du pays pour les inciter à prendre soin de leur corps. Un problème subsiste néanmoins : les moines sont censés accepter toutes les offrandes car, selon l’enseignement de Bouddha, tout ce qui est offert doit être accepté. Par ailleurs, les moines ne font pas de sport.
On remarque qu’il est extrêmement difficile de changer une tradition bien ancrée dans le pays, mais lorsque celle-ci met en danger la vie de ses individus, il faut savoir passer au-dessus de ses principes. On sait que les pays asiatiques sont très fortement attachés à leurs valeurs et traditions, mais ils doivent encore apprendre à pouvoir s’en distancer lorsqu’elles ne répondent plus à la réalité actuelle.

Vendredi
Réguler (l’immigration) pour mieux (la) réprimer
En plein remous de négociations sur la ratification ou non du Pacte sur la Migration de l’ONU par la Belgique, l’Office des étrangers vient d’annoncer la mise en place d’une nouvelle norme contenant les demandes d’asile, sur ordre de Theo Francken. Le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration a annoncé avoir fait un pas en avant pour l’accueil des demandeurs d’asile puisque l’Office des étrangers acceptera désormais obligatoirement 50 à 60 des demandes par jour. Il justifie cette adaptation par le fait que « depuis juillet dernier, le nombre de demandes d’asile augmente régulièrement » et que la situation est devenue ingérable, cette nouvelle mesure permettra désormais de savoir concrètement ce qui est possible de faire chaque jour. Une priorité est mise en place pour les personnes vulnérables afin de les protéger au maximum.
Alors, comme ça sur le papier, oui ça a l’air d’être une avancée, mais cela cache dans les faits une réalité bien plus perverse. Avant, il n’existait pas de quota maximal journalier, une centaine de personnes pouvait donc être acceptée si les administrations tournaient bien, ce ne sera plus le cas puisque le plafond journalier sera atteint dès les 60 accords. Ces dernières semaines, l’Office des étrangers enregistrait d’ailleurs entre 100 et 110 nouvelles personnes, soit le double du nouveau plafond mis en place. De plus, si cette nouvelle mesure permettra bien à 60 demandeurs d’asile d’être certains de voir leur démarche acceptée, elle signifie aussi que tous les autres se verront empêcher de postuler jusqu’au lendemain, allongeant toujours plus la liste d’attente. Cet amas restera donc « officiellement » dans l’illégalité de séjour sur le territoire (puisqu’ils ne font pas partie des 60 acceptés, la mesure les rend maintenant illégaux) et les forces de l’ordre auront toute autorisation à intervenir, les arrestations étant désormais légitimes.
On fait donc encore une fois face à une nouvelle formule toute faite d’un politicien, transformant la réalité par la mise en avant d’éléments qui cachent une plus sombre réalité. Oui, cette nouvelle mesure permettra bien à 60 personnes d’être assurées d’obtenir leur demande d’asile, mais elle permettra surtout aussi à toutes les autres d’entrer officiellement dans l’illégalité de séjour sur le territoire, mais ça évidemment on ne le dit pas.

Samedi
Les Palais de justice se dévoilent

Ce samedi, les différents Palais de justice du Royaume ouvraient leurs portes au public, une ouverture pour tenter de redorer le blason d’une justice à deux vitesses souvent controversée et critiquée. Une manière aussi de lui donner un visage plus humain, et plus globalement aux métiers de la justice qui sont encore parfois méconnus du grand public.
Il était grand temps que la justice fasse quelque chose pour son image, plus qu’écorchée et que peu de gens comprenne (elle qui condamne des hébergeurs de migrants mais qui ne condamne pas les politiciens verreux). Elle doit essayer de ramener la population vers elle pour lui expliquer les rouages de la justice. Mais on doit se poser la question de savoir si de simples portes ouvertes vont aider les gens à comprendre comment fonctionne la justice? Pas sûr, d’autant plus quand on voit le virage qu’elle a pris ces dernières années. L’installation de tables de discussions et l’organisation de jeux de rôles et de mini-conférences pour faire participer les citoyens peuvent cependant attirer le public et lui faire se rendre compte de ce que représente l’institution judiciaire pour peut-être amener le début d’une meilleure compréhension de la justice.
Néanmoins, n’est-il pas déjà trop tard? L’image de la justice peut-elle encore être sauvée? Il faut admettre qu’il est difficile de voir des gens qui aident leur prochain se faire punir alors que d’autres qui ne respectent pas la loi écopent d’une peine moins lourde ou de sursis ou ne sont même pas poursuivis. Premier élément de réponse en fin de week-end mais il est évident que le travail devra être beaucoup plus important si les institutions veulent relever la considération des Belges pour la justice. Il est également bien sûr plus qu’évident que toute démarche de com’, que tout beau discours et que toute activité récréative et informative restera vaine si la pratique et le fond judiciaire ne change pas drastiquement. Il ne suffit pas de divertir le citoyen pour lui faire respecter la justice, il faut avant tout que la justice respecte le citoyen, et ce n’est actuellement plus le cas.

Dimanche
« Vole comme un Chinois, pique comme un
nois-chi »
Mohammed Ali disait aussi que la vie n’était qu’un gigantesque combat de boxe, ce que les grandes puissances ont très bien compris. Géant de la mondialisation (ce qui est déjà bizarre en soi pour un pays aussi communiste), la Chine a réussi à s’imposer sur le marché planétaire et l’inonde même des ses fabrications « Made in China » depuis plusieurs décennies maintenant. Mais la toute puissance chinoise ne dépend pas d’elle-même, le pays ne possédant que très peu des ressources naturelles qui lui sont nécessaires. Véritable colosse au pied d’argile, l’Empire du Milieu a par contre rapidement compris qu’elle pouvait jouer de son poids pour obtenir ce qu’elle veut, principalement auprès des pays encore en développement, envieux de voir affluer de nombreux capitaux étrangers. Cela fait donc plus ou moins une vingtaine d’années qu’il arrose le continent africain, très riche en matières premières, de milliards de yens pour s’approprier l’exclusivité d’extraction des sols du Premier continent. Concluant contrats sur contrats, ils investissent massivement dans des pays encore en retard en matière de nouvelles technologies, leur permettant ainsi de récupérer à prix minime des ressources essentielles à leurs industries. Il faut donc se rendre compte que si la Chine peut se permettre de vendre à très bas prix, ce n’est pas uniquement parce qu’elle sous-paie ses habitants mais aussi et surtout parce qu’elle exploite largement le sol africain où elle ne fait que se servir sans jamais apporter de réelle contre-partie (ou seulement aux puissants en place).
Dans ce contexte de colonisation économique, le Ghana se retrouve actuellement dans une impasse, coincé entre ses volontés d’investissements étrangers et de relance économique et ses craintes de déforestation et de misère sociale. La Chine vient en effet de proposer au pays à l’étoile des milliards de dollars en échange de l’autorisation d’extraction de la bauxite, un des composants essentiels de l’aluminium qui représente une part importante du marché chinois. Le problème, c’est que l’Empire du Milieu veut mettre en place son projet au sein de la forêt Atewa, une réserve naturelle au sein des montagnes située à à peine 100km de la capitale Accra. Une telle installation provoquerait une exploitation drastique des sols ghanéens, représentant une menace terrible pour la biodiversité et l’écosystème locaux car des pans entiers de la forêt seraient rasés et des pelleteuses par dizaines retourneraient le sol pour y creuser de profonds trous. De plus, le risque de pollution pointe également le bout de son nez car les trois rivières principales du pays qui approvisionnent notamment les 5 millions d’habitants de la capitale pourraient être affectés. La déforestation massive pourrait également entraîner des glissements de terrain sur les flancs des divers montagnes du massif et décupler la force des précipitations. Sur les bords de routes, de nombreux panneaux tentent de sensibiliser les Ghanéens à la cause des primates dont la survie est menacée par le projet de déforestation et une grande affiche « Sauvez la forêt Atewa, maintenant! » est exposé dans le centre ville de Kyebi, dans l’Est du pays. Les promesses d’emplois ne suffisent pas à une population désormais habituée aux grands discours creux et la sphère politico-économique s’interroge également. Ils craignent un accroissement de la dette nationale en conséquence de cette possible nouvelle salve de contrats de prêts avec les Chinois et ne pensent pas que se lier davantage avec l’Empire du Milieu soit un bon choix, cela rendrait au contraire le pays toujours plus dépendant des puissances étrangères et relativement incapable de s’auto-suffire.
Il serait peut-être temps de cesser ces multiples accords entre la Chine et les différents pays africains qui ne profitent qu’à la plus puissante des deux parties. Après avoir rejeté le colonialisme physique des Européens, l’Afrique doit désormais s’affranchir du colonialisme économique asiatique qui continue de la restreindre. Le Premier continent est riche mais ce sont d’autres qui en profitent, le potentiel africain est clairement qu’il se donne les moyens de l’exploiter. Mais libérer l’Afrique de ses chaînes, c’est libérer un félin endormi de sa cage, et bien sur, ça fait peur aux grandes puissances étrangères qui ne veulent pas perdre leur avantage.

 

Journa’Lîdje

One Reply to “La Revue de la semaine #9”

  1. Chouette revue. On y retrouve des sujets intéressants qui ne sont pas vraiment traités dans les médias traditionnels (notamment le Ghana)

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