Centenaire de la Lettonie : cent ans de luttes en territoire balte

Centenaire de la Lettonie : cent ans de luttes en territoire balte

Dans sa pièce Indulis et Arïa (« Indulis un Arija ») de 1911, le dramaturge Rainis déclamait « Nous serons aussi grands que notre volonté. » Une citation reprise par un pays entier pour traverser un siècle de variations entre joies et peines, entre occupation et indépendance, aujourd’hui célébré. La Lettonie a aujourd’hui 100 ans (mais seulement 47 libres) après avoir connu deux Etats indépendants mais les célébrations ont déjà commencé depuis un an. Réparties sur cinq ans depuis 2017, elles placent le rassemblement du peuple et l’amour de la Patrie au premier plan autour du message fort « Je suis la Lettonie », rappel de la volonté farouche d’appartenance et d’indépendance du pays balte né sur les ruines de la Première Guerre mondiale. Analyse de l’évolution d’un pays de la « nouvelle génération » balancé entre héritage soviétique et avenir occidental.

Une histoire de luttes, un esprit indépendant
Longtemps sous domination des grandes puissances voisines, la Lettonie voit l’apparition puis l’émergence de nouvelles entités nationales gagner le continent européen au tournant du 20ème siècle et se met à rêver, elle aussi, de la reconnaissance de son identité. Mais les faits ne leur sont pas encore favorables, la grande Russie tsariste domine la quasi totalité de l’Est de l’Europe et ne compte pas perdre de sa superbe. La défaite russe lors de la guerre du Japon en 1905 rebat toutefois les cartes puisque le pouvoir de Nicolas II est remis pour la première fois en question au sein de son propre territoire, sans plus.
Lors de la Première Guerre mondiale, la Russie forme des divisions militaires lettonnes pour combattre l’Allemagne sur le front, mais la déroute interne qu’elle subit lui fait renoncer à la guerre. Au sein du traité d’armistice de Brest-Litovsk de 1917, l’empire tsariste lègue les Etats baltes aux germaniques qui doivent être annexés au Reich. Mais la défaite allemande du 11 novembre 1918 arrive trop tôt et permet à la Lettonie de déclarer son indépendance le 18 novembre, une première fois.

Mais la belle période d’une Lettonie libre et prospère ne dure guère. Le 30 novembre 1937, les autorités soviétiques reprennent le contrôle du pays et, dans la vaste opération de Grande Terreur stalinienne, ferment les organisations lettonnes. En prime, ils arrêtent 25000 Lettons et en exécutent 16500, la Russie reprend officieusement le pouvoir dans les pays baltes. Le 23 août 1939, c’est désormais officiel avec la signature du pacte de non-agression entre l’Allemagne nazie et la Russie : la Finlande, l’Estonie, la Lettonie et la Roumanie sont désormais sous influence soviétique. Pour assurer définitivement son emprise sur le pays, elle en occupe le territoire en juin 1940 et signe le 21 du mois l’officialisation de la Lettonie comme état soviétique avec le Saeima (Parlement letton) fraîchement « élu » par les dignitaires russes présents sur place.
L’après-guerre n’est pas plus favorable aux Lettons puisque lors de la conférence de Yalta, les puissances alliées concède le contrôle de l’Europe de l’Est à la Russie. Les expatriés refusent alors de rentrer au pays et s’exilent principalement au Royaume-Uni. Le bilan militaire est lourd puisque la Lettonie a perdu un tiers de sa population lors des quatre années de conflit mais une fraction de partisans nationaux entame une lutte armée contre l’occupant soviétique. L’URSS les réduit au silence et infiltre des agents du KGB pour tuer dans l’oeuf de possibles futures révoltes.
Révulsés par la domination soviétique, les citoyens tentent encore par deux fois de diminuer l’influence de ses occupants au sein du pays : en juillet 1959, le parti communiste letton réprime la volonté des partis sociaux-démocrates de s’opposer à la russification du pays et une lettre de protestation contre la politique soviétique est publiée en Occident en 1972, en vain.

1917, volonté d’indépendance au sein d’une Russie tsariste en pleine déroute : la Première Guerre mondiale a permis aux Lettons de comprendre leur force militaire, sociale et identitaire. Ils ne se retrouvent pas dans l’empire russe et la volonté d’un Etat des Lettons, en gestation depuis des siècles, se concrétisent enfin.

La lumière pointe pourtant (enfin) au bout du tunnel dans les années 80′ avec la perte de vitesse progressive de l’URSS dont le système politico-économique ne parvient plus à supporter les investissements de la Guerre froide. L’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev et de ses réformes à la tête de la grande puissance de l’Est offre un vent d’espoir à la population lettonne qui lance dès 1986 la Révolution chantante (qui durera jusqu’à l’indépendance de 1991). Le 26 avril, la catastrophe de Tchernobyl révolte les pays baltes, directement touchés, qui montent au front avec des discours nationalistes et écologiques. Dans les deux ans qui suivent la catastrophe, l’URSS envoie 6000 « nettoyeurs » lettons (dont la moitié est désormais en état d’invalidité) et provoque une nouvelle vague de protestations. Le 18 novembre 1988, le pays fête dans ses rues les 70 ans de son indépendance mais se fait violemment contraindre par le pouvoir soviétique. Devant la perte grandissante d’influence de l’URSS, ils rejoignent en 1989 les deux autres pays baltes dans la révolte contre la perte de leur indépendance et la Révolution chantante devient la « voie Balte ». Un an plus tard, la statue de Lénine de la ville de Valmiera est retirée et le Parlement letton, redevenu indépendant suite à la perte d’influence entamée par Gorbatchev, proclame l’indépendance de jure du pays.

Le 13 janvier 1991, la Lettonie est à nouveau officiellement indépendante. Commence alors le « renouveau letton », basé sur un rejet systémique de son voisin russe et une attirance certaine pour le modèle occidental. En 1993, la Constitution de 1922 est rétablie et le pays assiste aux premières élections du Saeima en mai de la même année. Deux ans plus tard, la Lettonie est admise au Conseil de l’Europe. Elle accélère encore son virage occidental dans les années 2000 puisqu’elle devient membre de l’OTAN en avril 2004 puis adhère officiellement à l’UE le 1er mai dont elle ratifie la Constitution en juin de l’année suivante. En mars 2007, elle signe le traité final de délimitation des frontières avec la Russie. Le pays adhère enfin à la zone euro le 1er janvier 2014, plus vite que prévu.

L’Europe lettonne plutôt que la Lettonie russe
Depuis sa nouvelle indépendance de 1991, la Lettonie a consolidé ses relations avec ses voisins baltes d’Estonie et de Lituanie, avec qui elle s’était alliée pour s’émanciper de la domination soviétique. Elle a également noué un solide lien avec l’Allemagne qui représente un des principaux fournisseurs et clients.
Les relations restent encore tendues avec un voisin encore perçu comme une menace directe, du fait de la minorité russe au sein du pays qui représente presque un tiers de la population. Les Russes de Lettonie sont majoritaires dans sept des huit plus grandes villes du pays, cette diaspora est un véritable atout pour la Russie et une crainte perpétuelle pour la Lettonie. Le traité frontalier d’échanges entre les deux pays de 1997 n’a toujours pas été signé ni ratifié par le Parlement letton. La Lettonie demande notamment la reconnaissance, de la part de la Russie, de « l’agression dont elle a été victime de la part de l’Union soviétique. »
La méfiance entre les deux pays trouve également son origine dans la volonté farouche des Lettons de s’éloigner le plus possible de son ex-occupant pour se rapprocher de plus en plus de l’Union Européenne. Dans la ligne directe de cette idée, le processus de naturalisation est très barricadé : la loi oblige les candidats à parler couramment letton, à connaître le texte de l’hymne national et, surtout, à renoncer à leur ancienne citoyenneté. Les habitants qui ne remplissent pas ces critères sont considérés comme apatrides, un statut qui les privent d’allocations familiales, de chômage et de soins de santé. Cette disposition oblige les russophones à prouver qu’ils seront fidèles à la Lettonie et ne tenteront pas de jouer le jeu d’influence de la Russie et, dans les faits, seuls 44% d’entre eux ont pu obtenir la nationalité lettonne. La minorité russe se sent dès lors exclue de la société et la Commission européenne a rappelé à l’ordre la Lettonie concernant un processus « excluant de nombreuses personnes de leur droit », qui est invitée à revoir sa politique sur le sujet.
L’invasion de la Russie sur le territoire ukrainien de Crimée n’est pas du tout passée en Lettonie qui s’inquiète de la présence et de l’influence russe en Ukraine. Elle est montée au front diplomatique pour dénoncer les agissements d’une puissance nationale qui tente à tout prix de récupérer ses anciens territoires en les infiltrant. Elle a également énoncé ses craintes quant à la possibilité accrue d’une telle tentative sur son propre sol, rappelant le problème toujours latent de la présence russophone en Lettonie. Le pays défend une ligne ferme à l’égard de Moscou sur la question ukrainienne et soutient le maintien des sanctions infligées à la Russie par l’UE.

1918, naissance de l’Etat letton : l’année de fin de guerre est celle des grands changements à l’Est, c’est l’époque où apparaissent les Etats d’Europe centrale et de l’Est sur les ruines de l’ex-empire russe. La Lettonie proclame son indépendance le 18 novembre (une semaine après l’armistice) à Riga alors qu’elle est encore sous domination allemande, mais le nouvel Etat est menacé par l’Armée rouge.

En devenant membre de l’Union européenne le 1er mai 2004, la Lettonie affirmait haut et fort sa volonté de se rapprocher du front européen et de s’éloigner du fantôme russo-soviétique. Elle a directement activement travaillé à son européanisation puisqu’elle faisait déjà partie de l’espace Schengen en 2007, soit trois ans seulement après son entrée à l’UE, et de la zone euro dès janvier 2014, soit l’acquisition la plus rapide pour un ex-pays soviétique. Un an après, elle assurait la présidence du Conseil de l’Union européenne lors du premier semestre 2015 et possède actuellement 8 députés au Parlement européen. Elle a enfin ratifié l’accord de Paris sur le climat le 20 février 2017 lors de la Cop 21.
Bien qu’il respecte la décision britannique, le pays regrette le Brexit et souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre l’UE et le Royaume-Uni. Pensant aux nombreux expatriés sur le sol britannique, il milite pour un Brexit soft. Il aimerait également que l’Union se mobilise sur un « agenda positif, porteur de projets allant dans le sens d’une plus grande unité et cohésion » qui tirerait l’Union vers l’avant plutôt que patauger dans les problèmes passés, vers l’horizon d’une « Europe différenciée ». La Lettonie souhaite enfin éviter toute scission entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, une situation qui permettrait à la Russie de réaffirmer, sans aucune retenue, son influence sur les pays de l’Est.

L’élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis a été fortement suivie par les Lettons qui s’en sont inquiétés car ils y voyaient une nouvelle source de tensions avec la Russie. Le pays doute d’ailleurs de la pérennité de la garantie de sécurité américaine et ne se montre pas opposé à une solidification de l’Europe ni à une armée commune européenne. Il est d’ailleurs le premier pays européen à avoir ratifié le CETA avec le Canada le 23 février 2017.

La Lettonie, un pionnier européen…
Lors de sa seconde indépendance en 1991, la Lettonie a repris sa Constitution de 1922 qui instituait une démocratie parlementaire, coupant ainsi drastiquement avec le système communiste russe mis en place depuis 1940. Le président est élu par le Saeima, le Parlement monocaméral constitué de 100 députés élus pour quatre ans au scrutin proportionnel, avant de nommer un Premier ministre qui forme son gouvernement, comme dans la plupart de nos démocraties occidentales. Le président ne possède que peu de pouvoir car le pays est dirigé par le Premier ministre et son gouvernement dont le mandat ne peut être renouvelé qu’une fois (sauf état de crise décidé par la population), forçant les élus à se montrer concrets dans leurs mesures sans tenter de « se placer ».
Cependant, ce système révèle une grande fragilité au vu de la composition ethnolinguistique du pays qui se reflète dans la composition des partis. Le tiers de la population russophone soutient politiquement le parti du « Centre de la Concorde », parti fortement contesté puisqu’il est indirectement soutenu par la Russie et est considéré comme une menace pour l’indépendance du pays. Le Saeima se trouve d’ailleurs actuellement dirigé par un parti issu de la minorité russophone tandis que la présidence et le gouvernement sont dirigés par une majorité opposée qui les voit comme une menace pour l’identité nationale. La situation politique reste tout de même stable en Lettonie et, si il existe toujours des tensions entre Lettons et Russes, celles-ci ne sont pas démonstratives et se « produisent » sans débordements.
La crise des subprimes de 2008 a lourdement frappé l’économie grandissante mais encore fragile d’une Lettonie qui courait à l’européanisation en fuyant le plus vite possible son passé communisto-soviétique. Le pays a alors bénéficié de l’aide de l’UE et du FMI mais s’est directement engagé à rétablir la situation le plus vite possible : sur les fonds alloués par les deux organisations, la Lettonie n’en a finalement utilisé que la moitié pour se relever et a déjà remboursé cette dette. Il aura bien fallu mettre en place une politique d’austérité assez draconienne, qui aura aussi connu ses faiblesses, mais il s’agit d’un véritable exploit et d’un exemple de détermination. Il n’aura ainsi fallu que trois années à l’économie lettonne pour sortir de la récession et relancer sa croissance dès 2011. La discipline budgétaire et la stabilité du secteur bancaire sont désormais plus que notables.

1919, l’héroïsme s’empare de la Lettonie qui réussit à s’affirmer malgré les nombreuses menaces qui l’encerclaient : elle défait l’unité militaire Baltische Landeswehr et les troupes bolcheviques qui cherchaient une réoccupation. La Lettonie gagne son indépendance à la suite de ces Combats pour la Liberté.

Le système éducatif est très complet et possède un volet professionnel très bien assuré, ce qui explique que le pays dispose d’une telle main d’oeuvre qualifiée et bon marché. L’école est obligatoire jusqu’à 18 ans et le taux de décrochage scolaire des 18-24 ans est en dessous de la moyenne européenne, témoin de la qualité générale de l’enseignement letton.
Le niveau du système de santé est équivalent à celui des pays les plus développés de l’Union européenne, seul héritage encore approuvé de l’ex-politique soviétique.
Il s’agit d’un des pays européens les plus écologiques dans le domaine de l’énergie, conscient de la nécessité absolue de changer la façon de vivre et de voir à long terme. Très en avance en terme de technologie propre, la Lettonie se pose en exemple pour le reste de l’Europe autour des pays nordiques et du Portugal et ne cesse de réclamer un réel projet européen dans le domaine.
Le réseau ferroviaire national fut une des premières grandes mesures post-1991 et est excessivement bien développé et assuré. Cet effort s’explique notamment par la volonté de s’affranchir du réseau ex-soviétique qui distribue encore beaucoup entre la Russie et ses ex-Etats soviétiques. Aujourd’hui, près de 80% des transports intérieurs sont effectués en train.

Sur les 176 pays recensés pour l’indice de corruption, la Lettonie est classée 44ème et est donc relativement épargnée par ce problème structurel encore bien trop présent dans les ex-pays soviétiques. La dernière course présidentielle a toutefois été marquée par l’écartement du président sortant qui avait demandé, quelques jours avant la fin de son premier mandat, la dissolution du Parlement qui venait de refuser de lever l’immunité d’un député soupçonné de corruption. Malgré tout, la Lettonie a pris des mesures pour améliorer son dispositif législatif depuis son adhésion à la lutte anti-corruption en 2014 et un groupe de travail indépendant a formulé des recommandations au pays afin de mieux lutter encore contre la « corruption transnationale ».
Le pays n’est pas particulièrement sujet à la criminalité, à la même enseigne que les autres pays de l’Union européenne. Lors de la présidence du Conseil de l’Union en 2015, la Lettonie mettait déjà l’accent sur les questions de terrorisme et demandait aux Etats une meilleure coordination de leur politique en la matière, soit avant les attentats de Paris et de Londres. Le défit était de trouver l’équilibre nécessaire entre liberté et nécessité.
Depuis 2014, la coalition internationale de lutte contre le groupe Etat islamique regroupe plus de 60 pays dont la Lettonie. Le pays balte assiste la coalition via une aide matérielle et logistique aux combattants.


…encore parfois trop en retrait
Parmi les points négatifs de la politique d’austérité mise en place à la suite de la crise de 2008, on peut noter la réduction de la masse salariale et des dépenses publiques. Dans les faits, les fonctionnaires ont connu une baisse de salaires de 30%, les enseignants de 50% tandis que les retraites ont été amputées de 10%. La principale conséquence de ces réformes, mis à part la relance rapide du pays, fut une hausse importante du chômage qui grimpa à 19% en 2010 avant de redescendre à son taux initial de 13,5% trois ans plus tard. Il faut tout de même noter l’acceptation et l’approbation ouverte de la population à la politique d’austérité du gouvernement qui a été reconduit trois fois au cours des années les plus difficiles. Une telle confiance s’explique notamment par la résistance aux conditions de vies précaires développée par leur passé soviétique. Malgré tout, les conséquences de la politique d’austérité ont marqué une progression de la pauvreté et une croissance des inégalités.

1920, année de la liberté pour la Lettonie qui fait sa première preuve du parlementarisme : l’Assemblée constituante et le premier Président sont élus.

Le pays assiste, depuis un certain moment déjà, à un déclin régulier de sa population, lié au vieillissement des Lettons et à l’émigration massive sous le régime soviétique. Le chômage structurel reste élevé puisqu’il atteint 9,6% sur le plan national et touche principalement les alentours de la capitale Riga.
Les dépenses de sécurité sociale sont parmi les plus faibles de l’Union et la Lettonie fait partie des dix pays européens où un quart de la population est directement exposée à la pauvreté et l’exclusion sociale. La protection sociale y est d’ailleurs insuffisante pour cette partie la plus pauvre de la population. Le pays peine encore à réduire les inégalités mais vient de mettre en place une ambitieuse réforme fiscale visant à mieux répartir le recouvrement des impôts et à rationaliser les dépenses publiques. Une refonte du système de santé et de protection sociale est envisagée en cas de succès de la réforme actuelle.
La Lettonie reste encore trop dépendante des approvisionnements en hydrocarbures russes car elle ne dispose pas de beaucoup de ressources énergétiques sur son sol, mais le gouvernement actuel aimerait pouvoir utiliser les réserves de gaz naturel de Incukalns pour atténuer cette dépendance et offrir un rôle majeur au pays en terme de plateforme de gaz naturel.

Si le niveau de corruption du pays reste satisfaisant, il n’en est pas vraiment de même avec le niveau de criminalité, noté à 3/5 sur le territoire. La principale cause de cette criminalité provient des villes qui sont mal contrôlées par les polices urbaines, même si elle ne sévit que dans certains quartiers. Elle s’explique principalement par le chômage qui a touché les villes en premier lieu lors de la politique d’austérité de relance.

Que penser de l’évolution lettonne?
Pays typique de l’ex-URSS, la Lettonie affirme haut et fort sa volonté farouche de surmonter ses faiblesses structurelles héritées de son passé communiste et de s’implanter dans son virage européen. Mais trop pressée, elle a tendance à précipiter les choses, principalement sur le plan social : la protection sociale est encore insuffisante et le taux de chômage trop important. Le passage à l’économie de marché a bien pris mais le pays reste encore trop instable et la redistribution des richesses attend toujours sa réforme fiscale. En résulte un décalage net entre des résultats économiques très positifs et fort rares pour un ex-Etat soviétique et une faiblesse persistance face aux fluctuations mondiales.

1921, début de la croissance : le pays existe aussi en jure, il est alors admis à la Société des Nations.

Si l’on remarque un très respectable taux de croissance et une balance commerciale qui se rééquilibre depuis 2010, le pays reste toutefois un exemple de mauvaise reprise économique et de croissance miraculeuse. À la suite de la politique d’austérité, l’économie a beau s’être relevée, le social ne suit pas assez la route : taux de suicide parmi les plus importants d’Europe, augmentation de la criminalité, taux de mortalité routière élevé, baisse moyenne des salaires de 20%.
Le pays est considéré comme propice aux investissements importants mais n’est considéré comme réellement rentable que sur court terme en raison de son manque de résistance aux fluctuations extérieures. Un statut qui pourrait changer si les diverses réformes entamées trouvaient preneur.
La Lettonie mise beaucoup sur la sécurisation de ses frontières et tente de contrer l’influence de son voisin russe en s’engageant dans les institutions européennes. Elle s’avance également dans les luttes armées aux côtés de l’OTAN et de l’UE pour consolider ses appuis auprès des deux organisations.

Malgré la situation interne tendue envers la minorité russophone, la stabilité politique prévaut et le système tente d’endiguer mieux encore la corruption et les inégalités. Le pays se distingue par son excellente gestion des énergies renouvelables, la plaçant comme un exemple pour les reste de l’Europe, voire du monde. La qualité de son réseau ferroviaire, de sa connexion Internet et des diverses nouvelles technologies vont également dans son sens.
Ces différents atouts permettent de présager un futur favorable pour la Lettonie si elle parvient à mettre en place les ressources et modifications nécessaires à une restructuration en profondeur de son système et de ses faiblesses.

ALVARRO

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