Commémoration du Centenaire : les anecdotes de la Grande Guerre

Commémoration du Centenaire : les anecdotes de la Grande Guerre

©Paysagesenbataille.be

En ce 11 novembre 2018 de commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, les différents médias sont montés au front pour traiter sous toutes les tranch(é)es la Grande Guerre et ses  »festivités ». Nous ne pouvions pas non plus passer à côté du sujet, mais nous voulions offrir un regard, une orientation, un angle différent et nous avons décidé de vous parler de petites anecdotes insolites et relativement méconnues concernant le premier grand ravage du 20ème siècle.

Les Allemands ont fêté l’armistice

© Bridgeman Images

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Berlin s’est parée de rubans et banderoles pour célébrer l’armistice du 11 novembre 1918. La défaite allemande ne résonne alors pas encore comme telle et les terrasses de cafés se remplissent pour fêter la fin d’un affreux conflit de quatre ans. Si les pertes humaines et matérielles furent lourdes, la situation territoriale allemande est vécue comme une victoire : le sol germain n’a jamais été occupé et le nord industriel de la France est dévasté, la preuve d’une Allemagne flamboyante. Mais dans les jours qui suivent l’armistice, la désillusion va frapper de plein fouet un peuple allemand qui ne s’attendait pas à devoir payer de si lourdes indemnités, subir une occupation forcée et un changement de régime. Le retour sur terre sera violent et les catastrophes vont s’enchaîner pour une Allemagne qui développera un lourd esprit de vengeance à la sortie de la crise de 1929.

 Des bateaux trompe l’oeil 

© geopolis.francetv.fr

On le sait tous : avoir une flotte importante peut faire la différence pendant la guerre. A l’époque, avant les radars, la seule façon de voir l’arrivée d’un bateau était d’utiliser des jumelles ou une longue vue. Mais au début du vingtième siècle, l’armée britannique semble avoir trouvé une solution nouvelle pour camoufler l’arrivée des bateaux. Ils ont réalisé des peintures psychédéliques (hypnotisantes) en perspective sur la coque des différents navires pour tromper complètement l’ennemi. Avec une telle décoration, il était impossible pour les autres flottes d’estimer la distance, la vitesse et la position du bateau. Cette façon de faire a été utilisée durant toute la Première Guerre mondiale et peu utilisée durant la Seconde Guerre mondiale. Quelle ingéniosité ces anglais!

Un « trophée » en forme de pyramide

© nygeschichte

En mai 1919, le pays de l’Oncle Sam décide d’organiser à New-York une grande fête pour célébrer la victoire des États-Unis lors de la Grande Guerre. Toutes les classes sociales de la ville y sont invitées et présentes et l’administration décide de mettre le paquet pour glorifier son armée, quitte à montrer sa supériorité à tout prix. Ainsi, une parade militaire prend place au sein de Big Apple pour présenter armes et objets ayant servi lors du conflit, pour honorer la puissante et moderne Amérique et honnir les barbares allemands. Une pyramide est également érigée, mais pas n’importe quelle pyramide puisqu’elle est entièrement constituée de casques de soldats allemands (reconnaissables grâce à la pointe sur leur sommet) morts lors de batailles. La pacifiste et évoluée Amérique avait donc pillé les corps de soldats allemands dans le but d’en réaliser une oeuvre d’art démontrant la supériorité américaine, bien vu les gars.

Le patriotisme français jusque dans l’assiette

©Bibliothèque Municipale Patrimoniale et d’Etudes de Dijon – Cote M 0II 01668

On pourrait penser que les menus constitués pendant la Première Guerre mondiale ont peu d’importance. Pourtant, ces menus sont des sources précieuses puisqu’ils sont révélateurs de la pensée des soldats, prisonniers ou résistants lors de la Grande Guerre. La bibliothèque municipale de Dijon a numérisé et mis en ligne les cartes gourmandes de l’époque et nous permet ainsi de voir le mépris des français envers les allemands, le côté français des recettes mis en avant ou des appellations de plats faisant directement référence aux Alliés comme pour se convaincre d’une victoire certaine. En plus des plats nommés en référence à la France, aux Alliés ou aux Allemands à mépriser, les menus sont souvent accompagnés de dessins, visant parfois à ridiculiser les Allemands.
Sur un menu de la campagne 1914-1915, les noms des plats n’ont pas été changés mais on y retrouve une illustration représentant un soldat français en train de faire un pied de nez à l’Empereur Guillaume II. Un vautour maigrichon remplace l’aigle de son casque et dans sa poche sont représentés trois soldats aux airs porcins en train de jouer avec des avions et de l’artillerie. Nul doute que ce dessin visait à ridiculiser l’Allemagne. Sur un autre menu datant de Noël 1917 cette fois (voir l’image ci-dessus), on y retrouve des petits pois à la française, sardines « sous-off » ou encore des gaufrettes nationales.
D’autres exemples figurent dans la liste labellisée par la Mission du centenaire 14-18 et témoignent de la vie dans les tranchées ou dans la résistance, parfois avec une touche d’humour.

Le pigeon, l’ancêtre du drone

© Hans Adler – CC BY-SA 3.0 de

Vous connaissez très certainement les pigeons voyageurs, porteurs de messages tant romantiques que stratégiques, mais connaissez-vous les pigeons photographes? Julius Neubronner, apothicaire et colombophile, décida en début de 20ème siècle de munir ses pigeons voyageurs d’appareils photo afin de pouvoir reconstituer leurs trajets. Il mit au point une caméra légère qu’il fixait à la poitrine des pigeons à l’aide d’un harnais tandis qu’un mécanisme pneumatique permettait la mise en place d’un retardateur afin de réaliser une photo toutes les x secondes. Le ministère de guerre prussien eut vent de ses inventions et, fort intéressé, lui demanda d’entraîner ses pigeons à la survole de champs de bataille. Alors que les négociations d’un brevet, longues de dix ans, arrivaient à leur terme, le déclenchement de la guerre changea la donne : Neubronner dut mettre ses pigeons et son équipement à la disposition de l’armée qui les utilisa sur le front avec des résultats satisfaisants. Malheureusement pour leur descendance, le métier de pigeon photographe prit fin après-guerre car les forces armées considéraient que le temps de formation des oiseaux était disproportionné. De longues années plus tard, nos amis à plume ont laissé place aux drones, sans ailes mais avec armes à feu.

Journa’Lîdje

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