Les échecs sont-ils un sport?

Les échecs sont-ils un sport?

Le championnat du monde d’échecs arrivera très bientôt à Londres. Un championnat du monde? Ce n’est pas réservé au sport d’habitude? Les échecs seraient donc un sport? Cela fait déjà beaucoup de questions sans réponses, et c’est pourquoi j’ai décidé de vous parler de cette fameuse discipline et de tenter de répondre à la question « les échecs sont-ils un sport? ».

Le championnat du monde d’échecs se déroulera du 9 au 28 novembre 2018 à Londres. Marcus Carlsen détient le titre de champion du monde depuis 2013, son challenger pour cette édition 2018 sera le grand maître américain de la discipline, Fabiano Caruana, vainqueur du tournoi des candidats au mois de mars 2018. Les joueurs s’affronteront sur 12 parties classiques et la cadence est fixée à 40 coups en 100 minutes après quoi pourrait se rajouter du temps supplémentaire, 50 minutes. Puis 15 minutes de plus au 60ecoup. Les règles sont fixées par la Fédération internationale des échecs (FIDE) qui regroupe toutes les fédérations nationales du jeu d’échecs et en gère les compétitions au niveau Mondial.

Après cette explication du championnat du monde des échecs, tentons de répondre à la question : est-ce que les échecs sont un sport?
Je vais vous apporter quelques éléments de réponses. Reconnu depuis 1999 par le Comité international Olympique comme un « mind sports » (un sport de l’esprit), le jeu d’échecs est un sport au même titre que le basket, le football ou le volley. Même si, la discipline ne figure pas au planning des compétitions olympiques, elle est dotée de fédérations nationales et internationales. L’Europe tout entier considère les échecs comme un sport. Néanmoins, si, la discipline n’est pas une « activité physique » au sens propre du terme, l’endurance, la concentration, la réactivité et la technicité sont-elles, bel et bien, au rendez-vous. Malgré le calme qui se dégage devant les échiquiers, les apparences sont trompeuses et on se rend compte que ce sport demande beaucoup de concentration pour ne pas se faire distancer par son adversaire.

Mais qu’en est-il de la Belgique?
La Belgique a elle aussi une Fédération qui s’appelle la Fédération échiquéenne francophone de Belgique, (FEFB). Malgré cette Fédération qui fait tout pour que les échecs soient reconnus comme un sport, ce n’est toujours pas le cas en Belgique francophone. La communauté française a un décret qui précise que pour être reconnu, les échecs doivent répondre à certains critères parmi lequel le critère physique, ce qui n’est pas le cas du jeu d’échecs. Par contre, la Flandres reconnaît les échecs comme un sport.

Pourtant la Belgique connaît quand même quelques joueurs importants, notamment Tanguy Ringoir qui a remporté 3 fois le championnat de Belgique en 2012,2013 et 2016. Ce joueur a aussi représenté la Belgique aux olympiades de 2012 et 2014. Un autre joueur important chez nous est Bart Michiels, né à Gand qui a remporté le championnat de Belgique a deux reprises en 2004 et 2011. Il nous a aussi représenté lors de l’olympiade d’échecs de 2010 et du championnat d’Europe par équipes de 2013.

Les échecs montrent qu’il faut de vraies capacités physiques et intellectuelles pour y jouer. On ne s’improvise pas joueur d’échecs du jour au lendemain. A moins de 10 ans, des sommités des échecs comme Marcus Carlsen mataient déjà leurs aînés pour finir sur les podiums. La plupart des joueurs d’échecs de Haut niveau ont d’ailleurs déjà poussé leur premier pion avant même l’âge de l’école. Devenir joueur d’échecs ne se fait pas en un jour, la plupart des grands champions s’entraînent au moins 6 heures par jour et sont suivis par une équipe de médecins, de psychologues, de nutritionnistes, on ne s’improvise pas joueur d’échecs de haut niveau. Des champions comme le russe Kariakine ou le danois Marcus Carlsen s’astreignent à un entraînement digne de grands sportifs comme Usain Bolt ou Roger Federer dans leurs disciplines respectives.

Y-a-t-il vraiment une activité physique dans le jeu d’échecs?
Évidemment, le jeu d’échecs amène une véritable gymnastique du cerveau, vision spatiale du jeu, anticipation des coûts, préparation, résistance à l’effort, concentration extrême… La maîtrise du jeu d’échecs ne vient pas comme on le croit souvent d’une formidable capacité de calcul des combinaisons de jeu possible, mais d’une incroyable mémoire des situations de jeu et de leurs variantes. Travailler est donc le maître mot de cette discipline, il n’y a pas de secrets ou d’aptitudes innées pour devenir un grand joueur d’échecs, il y a juste beaucoup de travail.  Il y a donc incontestablement une action physique dans le jeu d’échecs, ne fût-ce que par la concentration, la préparation et la résistance à l’effort vu sa durée.

Côté longévité les joueurs d’échecs arrêtent-ils leur carrière à 35 ans comme les joueurs de foot par exemple?
Pour ce qui est de la longévité, les joueurs d’échec ne sont pas des athlètes comme les autres. Ils peuvent joueur autant qu’ils veulent, certains grands joueurs ont pratiqué jusqu’à 80 ans. Certes, les joueurs d’échecs ne courent pas mais les parties et les a-côtés nécessitent une grande force physique et plus l’âge évolue plus le regard que les joueurs posent sur le jeu évolue. D’ailleurs, la moyenne d’âge se situe plutôt entre 15 et 35 ans.

Mais alors, les échecs sont-ils oui ou non un sport? Que faut-il en retenir?
Alors, il faut rappeler que l’Europe considère les échecs comme un sport alors que la Belgique francophone non. Il faut aussi se rappeler que le joueur d’échecs adopte la même préparation que tous les sportifs de haut-niveau. D’autant qu’une fois la partie terminée, le travail des joueurs d’échec est lui loin d’être fini : il faut analyser la partie mais surtout faire descendre la pression et préparer la partie du lendemain. L’endurance est donc de mise pour les compétitions qui peuvent durer entre 9 jours et 2 semaines. On peut aussi imaginer que le bluff et la communication non verbale rentrent en ligne de compte. Ce n’est pas pour rien que les grands champions s’entourent de spécialistes du comportement pour étudier chaque réaction de l’adversaire.

De quoi dépendra donc la victoire finale?
Certains joueurs sont considérés comme plus offensif ou plus défensif exactement comme au football ou d’autres sports. Cependant, la victoire finale semble plus être dans le domaine du psychologique : instinct du compétiteur, manière de jouer, personnalité, connaissance de l’adversaire sont donc des atouts importants pour remporter le tournoi. Mais ne soyons pas dupe, une bonne dose de chance est tout aussi nécessaire.

« Un joueur d’échecs, c’est comme de la peinture : s’il n’est pas brillant, il est mat! » (Philippe Geluck)

Tchoupi

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