La Revue de la semaine #4

La Revue de la semaine #4

Chronique hebdomadaire, la Revue de la semaine aura pour but de revenir sur certains sujets de la semaine écoulée, non pas en en listant la simple neutralité d’information mais en y apportant un point de vue, une critique ou une approche de réflexion. Entre une et trois informations seront sélectionnées par jour afin d’en livrer une courte analyse sans encombrer une chronique qui se veut directe. La volonté de la rédaction est d’amener chaque sujet à être traité et lu comme une brève.

Lundi
Les secrets de l’affaire Sankara toujours bien ca-« Che »
Lundi 15 octobre marquait les 31 ans de la mort de Thomas Sankara, icône burkinabé de la lutte anticolonialiste africaine et surnommé le Che (Guevara) africain, assassiné avec douze autres personnes. La chute du président Blaise Compaoré, ex-bras droit de Sankara et meneur du coup d’Etat de 1987 qui mena à l’assassinat de son mentor, en 2014 promettait de briser les tabous qui planent autour de « l’affaire Sankara » mais, quatre ans plus tard, il n’en est toujours rien. Retour rapide sur l’une des figures les plus importantes de l’histoire contemporaine africaine.
En 1983, Thomas Sankara, alors âgé de 33 ans, prend le pouvoir de la Haute-Volta dont il change le nom en Burkina Faso un an plus tard pour lui rendre son origine africaine. Il met également fin à une série de privilèges des ministres nationaux pour former le « Pays des hommes intègres ». Déclarant qu’il n’est « 
pas normal » qu’un pays dont la population provient à 90% de l’agriculture dépende d’autres, le « père de la révolution » instaure comme objectif national l’autosuffisance alimentaire en 1985. Parallèlement à sa volonté de relever le pays, il tente d’aplanir les rapports de force avec la France de Mitterrand, très attaché à la Françafrique, qu’il ne cesse de critiquer. Une critique acerbe qui fait penser à beaucoup que la France pourrait être impliquée dans l’assassinat du leader burkinabé, une théorie que les documents pourraient confirmer (ou infirmer) si ils étaient rendus publics.
Malheureusement, ils sont bizarrement toujours restés cachés malgré la promesse il y a quatre ans déjà de lever le voile sur l’un des assassinats les plus marquants d’Afrique. De plus, Emmanuel Macron s’était rendu en 2017 au Burkina Faso afin d’appeler à une « relation nouvelle » entre la métropole et son ancienne colonie et avait promis de procéder à la déclassification complètes des documents de l’affaire, une promesse que l’on attend toujours. Devant le manque d’initiatives françaises, un site dédié vient d’annoncer que les documents classés secrets seraient remis à un juge burkinabé en novembre.
Il aura donc fallu 31 ans et une fuite volontaire par ras-le-bol devant l’inaction des autorités pour espérer faire la lumière sur une affaire qui a pourtant directement façonné l’histoire et l’évolution de l’Afrique de l’Ouest. Les éléments qui ressortiront des documents permettront peut-être de prouver une possible intervention de la France de Mitterrand dans l’assassinat de l’un des révolutionnaires les plus importants de l’Afrique du 20è siècle. Il était en tout cas enfin temps de faire ressortir ce dossier de l’ombre, affaire à suivre donc.

Le vice-Premier ministre italien veut un couvre-feu « ethnique »
Ce lundi, le vice-Premier ministre et ministre de l’intérieur italien, le fameux Matteo Salvini, a déclaré vouloir instaurer un couvre-feu « ethnique » à 21h, plus précisément pour les supérettes et petits magasins ethniques. Selon ses dires, cette nouvelle règle serait utile pour ces épiceries tenues par des étrangers « devenues des lieux de rencontre des ivrognes, dealers et autres fauteurs de troubles ». C’est bien connu, tous les ivrognes et dealers ne se rassemblent que dans les épiceries « d’étrangers » et nulle par ailleurs.
Le ministre d’extrême droite essaye de se justifier en expliquant que « ce n’est pas une initiative contre les magasins étrangers, mais pour limiter les abus et les irrégularités de certains magasins – presque tous gérés par des citoyens étrangers – qui sont devenus des refuges pour ceux qui troublent l’ordre public ». Autant dire que ça ne plait pas à tout le monde puisque ces déclarations ont provoqué une vague d’indignation en Italie. Les propos du ministre n’ont également pas plu à l’opposition, en particulier à Andrea Marcucci au Parti démocrate qui voit là le risque d’une instauration préalable d’un régime autoritaire. Nul besoin de rappeler que l’extrême droite monte un peu partout en Europe (et pas seulement sur cette partie du globe) et, même si les propos de Salvini ne sont pas encore d’application, il est important de souligner le ridicule d’un couvre-feu pour des petites épiceries qui contribuent à l’économie du pays. Cela peut sembler risible, mais avons-nous réellement besoin de rappeler qu’un couvre-feu avait été fixé à 20h pour les Juifs en Allemagne le 14 septembre 1939? Est-ce que l’Homme est si stupide que pour répéter indéfiniment les mêmes erreurs?

Après son territoire, Israël prive la Palestine de ses écoles
L’armée israélienne avait émis dimanche un ordre de fermeture d’une école de Cisjordanie occupée directement suivi par le pouvoir national, arguant que l’établissement était, depuis plusieurs mois déjà, à l’origine de violences sous la forme de jets de pierres vers une route empruntée par les militaires et colons israéliens. Et comme d’habitude, l’armée israélienne légitime ses interventions par l’exagération, le mensonge ou le détournement de faits puisqu’elle explique la fermeture de l’école « en réaction à un nombre importants d’actes terroristes qui ont mis en danger la vie d’Israéliens et de Palestiniens circulant sur la route » : parce que, bien sûr, des jets de pierres sur des tanks sont la définition universelle de ce qu’est un « acte terroriste » et que dire que cette mesure sert également à la protection de Palestiniens (argument d’autant plus faible qu’il est faux) permet de dédouaner un nouvel acte de violence coloniale.
L’institution visée accueille des élèves palestiniens des villages d’As-Sawiya et Al-Lubban qui se retrouvent ainsi empêché d’école, une situation qui ne passe pas côté palestinien. Expliquant que « [leurs]
enfants ont droit à l’éducation, ils ont le droit de s’asseoir en classe comme tous les enfants du monde », les Palestiniens ont tenté de faire pénétrer leurs enfants au sein de l’établissement en compagnie de responsables et de journalistes de l’AFP. Des soldats et garde-frontières israéliens sont alors violemment intervenus, peu scrupuleux du nombre d’enfants présents sur place, à coups de grenades lacrymogènes lancées directement sur leurs cibles. Pire encore, alors qu’ils pénétraient dans l’enceinte du bâtiment, ils ont ouvert le feu, blessant quatre personnes par balles en caoutchouc. Un des photographes de l’AFP a été blessé durant les heurts entre l’armée israélienne et les enfants et leurs professeurs, un affrontement quelque peu déséquilibré.
Si fermer une école palestinienne, privant ainsi les enfants d’éducation, en disait déjà beaucoup sur les rapports de force qu’opère l’armée israélienne sur place, ouvrir le feu sur cette dite école sans raison apparente relève d’une cruauté et d’une volonté de crime indéniable. Chaque jour qui passe renforce encore un peu plus la charge contre Israël dans le conflit qui l’oppose à la Palestine. Il est plus que temps que l’ONU n’intervienne dans un pays artificiel et une guerre qu’il a lui-même créé, mais cela ne semble clairement pas prêt d’arriver puisque Donald Trump ou le premier ministre australien Scott Morrison remettent de l’huile sur le feu en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël. On assiste donc à un massacre progressif d’un peuple rendu compte possible par une institution qui ferme maintenant les yeux sur le problème, et l’on est malheureusement pas prêt d’en sortir.

Mardi
Des sites culturels menacés par le réchauffement climatique

Il y a une semaine (voire deux même), je vous parlais déjà du réchauffement climatique. Aujourd’hui, je reviens sur ce fameux réchauffement qui fait fondre les glaciers et détruit des sites naturels, bien trop nombreux : le parc national du Kilimandjaro, la basilique patriarcale d’Aquilée ou Venise ne sont que des exemples parmi tant d’autres…
Il est grand temps de tirer la sonnette d’alarme! Tout le monde doit réagir et faire des petits efforts pour protéger cette planète qui est en train de crever. Tout le monde passe à côté sans y prêter attention mais nous sommes la cause (et bientôt la conséquence?) de ce réchauffement climatique. Il n’est heureusement pas encore trop tard pour réagir mais il est plus que temps de passer aux choses sérieuses en donnant un second souffle à notre terre, celle qui nous a vu naître et celle qui nous verra mourir. Si personne ne réagit, nous mangerons la terre jusqu’à ce qu’elle n’ait plus aucune ressource. Un simple exemple de l’effet dramatique de l’homme sur son milieu : Venise s’enfonce dans la lagune de 10 centimètres par siècle du à la montée des eaux tandis que la Grande barrière de corail semble toujours plus menacée par le réchauffement climatique et voit petit à petit disparaître toutes les espèces de poissons et autres organismes qu’elle renferme. Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres sites naturels qui s’éteignent à petit feu. Peut-être les adultes de demain ne connaîtront même pas ces sites, si ce n’est en photo d’archives. C’est désolant mais nous pouvons encore bouger et remercier cette terre de nous avoir fait vivre!

Jean-Luc Mélenchon, un Insoumis à la justice
Ce mardi matin, la police française a lancé deux perquisitions simultanées au domicile de Jean-Luc Mélenchon ainsi qu’au siège de son parti dans le cadre d’une double enquête préliminaire. Sur sa page Facebook, le leader le France insoumise explique qu’il s’agit d’une opération politique mais ces perquisitions relèvent d’un aspect judiciaire qu’il ne cite pas : la première concernerait les soupçons d’emplois fictifs de membres Insoumis au Parlement européen tandis que la deuxième s’attacherait aux comptes de sa campagne présidentielle lors de laquelle de nombreux enquêteurs constatent des irrégularités.
Non content de minimiser les faits, le Tangérois a exhorté ses supporters à « défendre le siège du parti » en leur demandant de se rassembler devant son siège à 11h30 pour entraver le processus en cours. Expliquant que 9 autres lieux avaient été perquisitionnés et qu’il ne comptait pas se laisser intimider, il va même plus loin en demandant à ses militants de « s’accrocher aux meubles » si les policiers tentent de les faire sortir de l’établissement, une belle image d’entrave à la justice.
Mais Monsieur Mélenchon, pour qui vous prenez-vous? Vous croyez-vous supérieur à ce point pour vous croire au-dessus des lois, vous sentez-vous Staline à ce point? Faut-il vous rappeler que vous avez basé une grande partie de votre campagne sur la dénonciation des emplois fictifs et des financements illégaux ou soupçonneux de vos opposants, pour quoi au final, que l’on apprenne que vous baigniez dans les exactes mêmes magouilles? Et vous osez encore vous opposer à la justice et même lancer vos militants dans cette rétorsion à votre place? Belle preuve de votre si bel esprit de partage, on partage même les délits maintenant chez les Insoumis…
Si les irrégularités de financement de votre campagne présidentielle se confirment, on pourra en tout cas dire que pour vous : peu importe d’où l’argent vient, c’est toujours Insoumis de côté dans votre poche. Alors Monsieur Mélenchon, redescendez sur terre, pliez vous à la justice comme n’importe quel citoyen et arrêtez d’inciter vos militants à s’opposer aux lois, c’est la moindre des choses! nous ne sommes (malheureusement pour vous apparemment) pas en URSS Monsieur le soviétique…

Le Wa(r)gon du lobbyisme à la tête de l’écologie française
Le gouvernement de Macron n’a pas fini de faire jaser! Le Président avait annoncé que son quinquennat n’aurait rien de vert et il semblerait bien que la planète soit le dernier de ses soucis. En effet, Emmanuelle Wargon vient d’être désignée nouvelle Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. A priori, il n’y a rien d’alarmant ou de dérangeant puisque cette dernière présente énormément de compétences et un CV bien rempli : elle a travaillé comme auditrice à la Cour des comptes, au ministère de la Santé de Bernard Kouchner, au cabinet du Haut-Commissaire aux solidarités actives, au ministère des Affaires sociales et au ministère du Travail.
Il semblerait donc qu’elle ait tout ce qu’il faut pour gérer au mieux cette nouvelle fonction… Le hic? Tout ce beau parcours n’a rien à voir de près ou de loin avec l’écologie. Bien au contraire puisque Mme Wargon a été l’ex-directrice générale des affaires publiques de Danone, qui est, selon WWF, l’une des 25 entreprises françaises qui épuisent le plus la planète. Par ailleurs, une vidéo datant de juillet 2018 filmée aux Rencontres économiques d’Aix en Provence est ressortie et ça n’a pas fait que des heureux puisqu’on y voit Mme Wargon en train de défendre l’huile de palme. Cet ingrédient est de plus en plus controversé puisqu’il est la cause d’une déforestation énorme et qu’il augmente les risques de maladies cardio-vasculaires (l’huile de palme contient 49% d’acides gras saturés contre 15% pour l’huile d’olive). D’après ses dires à l’époque où elle était encore chargée de superviser la commercialisation des laits infantiles dans les pays africains, l’huile de palme serait absolument nécéssaire dans les laits pour enfants. Coïncidence? Elle poursuivait la défense de l’huile de palme en expliquant ceci: « L’huile de palme est un produit essentiel pour les laits infantiles. Pourtant, il fait l’objet de plus en plus de méfiance, pour des raisons environnementales et pour une forme de défiance, d’absence de naturalité. Pourtant, l’huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles et donc on en a besoin et on est tout à fait capable d’expliquer pourquoi« . Le problème c’est que l’huile de palme n’est absolument pas nécessaire aux laits infantiles puisque beaucoup d’entre eux n’en contiennent pas. De plus, de nombreuses alternatives à base d’autres huiles existent déjà. 
Est-il également nécessaire d’énoncer qu’aux Rencontres économiques, Emmanuelle Wargon se disait « non dogmatique » quant aux OGM et qu’y renoncer serait « un refus de l’innovation et de la science »? Lorsque des mouvements se créent pour consommer local et surtout consommer par saison, on se demanderait presque si ce n’est pas une mauvaise blague.
En effet, le quinquennat de Macron n’a rien de vert, mais il l’avait annoncé. Cependant, n’est-ce pas là une preuve d’hypocrisie extrême et de manque de respect que de placer une lobbyiste qui n’a rien contre les OGM et défend l’huile de palme en tant que Secrétaire d’État à l’écologie? Sans compter que depuis sa nomination au gouvernement, elle ne cadrera pas vraiment avec les objectifs tenus par le Ministre de l’écologie François de Rugy puisque l’un de ses objectifs principaux est le combat contre l’huile de palme. Alors, que faisons-nous? On agit en écolo que l’on est devenue il y a moins d’une semaine avec cette nomination et on retourne sa veste contre l’huile de palme ou, au contraire, on prouve que l’on a « d’écologiste » que le titre?
Il est évident qu’en passant au gouvernement sous le titre de « Secrétaire d’État à l’écologie », Mme Wargon n’a pas le devoir de passer au zéro déchet du jour au lendemain et d’être immédiatement irréprochable sur ce domaine. Mais soyons logique deux minutes : est-ce vraiment sérieux de placer, à une fonction déjà peu en vue au gouvernement Macron, quelqu’un qui ne porte clairement aucun intérêt à l’écologie?

Mercredi
L’Homme, acteur devenu auteur de la sixième extinction de masse
Les faits sont là et on ne peut plus les nier : l’être humain a précipité, à lui seul et par sa simple action, l’extinction de plus de 300 espèces mammifères, dont les plus connues restent le Diable de Tasmanie ou le rhinocéros blanc il y a 6 mois à peine, et l’on ne parle ici que des mammifères… Une récente étude américaine vient de calculer qu’il faudrait entre 5 à 7 millions d’années pour récupérer du traumatisme écologique engendré par l’espèce humaine, les animaux en restant largement impactés encore bien après notre disparition. Mais ce n’est pas tout, ce calcul a été réalisé dans la théorie de l’arrêt total de tout braconnage, pollution et destruction dans les cinquante prochaines années, une précision qui rajoute de l’horreur dans l’épouvante.
Matt Davis, directeur de l’étude, a notamment expliqué dans les colonnes du Guardian que « 
ce que nous faisons actuellement […] pourrait avoir un impact aussi important qu’un astéroïde ». Comme nombre de ses collègues, le paléontologue pense que la Terre assiste actuellement à la sixième extinction de masse de son histoire et qu’elle est entièrement l’oeuvre de l’espèce humaine. Le scientifique ajoute que l’on « en train d’abattre l’arbre de la vie et ainsi la branche sur laquelle l’Homme est assis » (sur un ton plus léger, on dire qu’il rejoint ici les propos de Nekfeu qui disait dans Tempête « la vie c’est apprécier la vue et après scier la branche »).
Voici donc encore une nouvelle étude déterminant la catastrophe planétaire que représente actuellement l’être humain à l’échelle du monde, chaque nouvelle étude semblant aggraver encore une situation des plus préoccupantes. Si l’en étaient encore (et il y en a malheureusement encore beaucoup trop) qui doutaient de l’urgence absolue dans laquelle nous nous trouvons, nous les invitons à lire au plus vite l’étude de Matt Davis car le point de non-retour n’est plus si éloigné de nous que l’on veut bien nous dire…
La nouvelle génération d’électeurs semble s’en rendre bien plus compte que ses aînées et les récents résultats électoraux des différents partis écologiques abondent dans ce sens. D’ailleurs comment est-ce possible qu’il doive encore exister un parti écologique, comment est-ce possible que tous les partis ne se préoccupent pas de l’écologie? Là est le vrai problème de nos sociétés, le respect de la nature est devenu une valeur (que ne partagent d’ailleurs que peu de gens) au lieu d’être une réalité logique et effective…

Jeudi
« Faut arrêter »

Un tweet qui en dit long sur l’énervement de Karim Benzema après une nouvelle affaire, concernant des soupçons de tentative d’enlèvement cette fois. Après l’affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, l’ex-joueur de Lyon se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs pour une sombre histoire d’enlèvement. Un proche du joueur accuserait des proches de la star du Real Madrid d’avoir essayé de le kidnapper à Paris. Cet homme croit avoir aperçu la silhouette du joueur français à l’arrière de la voiture, et c’est tout… Un peu léger tout de même!
Sans être fans inconditionnels de Karim Benzema, nous devons de rappeler que l’histoire semble assez complexe avec pas mal de points occultes dans le discours du plaignant. Et si c’était encore une tentative de buzz sur le nom de la tête de turc de l’Equipe de France? Le joueur n’est plus au top de sa forme actuellement (comme le reste de sa formation au demeurant) et cette nouvelle affaire pourrait enfoncer un peu plus encore sa confiance en berne, lui qui en a déjà marre de faire parler en dehors du terrain. En tout cas, une chose est sûre : buzz ou erreur du plaignant, Karim Benzema fait encore la une des journaux pour une affaire qui n’est pas purement footballistique. Cependant, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué et l’enquête menée par les services français semble d’ailleurs révéler que l’attaquant du Real Madrid n’a rien avoir dans cette histoire, avançant même l’hypothèse qu’il n’ait même pas été présent comme le signalait pourtant le plaignant. Ce qui alimente de nouveau l’hypothèse du buzz, à chacun de se faire sa propre opinion, nous on trouve juste ça dommage que l’homme (et non pas le joueur) soit perpétuellement pris à parti pour salir son nom.

Le Vietnam imite sa voisine Aung San Suu Kyi
Arrêté en août dernier et condamné un an plus tard à 20 ans de prison et 5 ans d’assignation à résidence, l’éco-militant Lê Dinh Luong s’est vu confirmer sa peine en appel ce jeudi. L’homme d’affaires, activiste pour la démocratie et l’écologie à ses heures perdues, a été inculpé pour faits « [d’]activités de tentative de renversement de l’Etat » à l’issue d’un procès qui s’est joué en une journée alors qu’il n’avait pu rencontrer son avocat qu’en juillet, soit presqu’un an après sa mise en détention.

Très actif sur Facebook, ce très fervent défenseur de l’environnement avait vertement dénoncé l’inaction des autorités vietnamiennes face à un grave cas de pollution qui frappait le pays : en 2016, l’aciérie de Formosa, installée au centre du Vietnam, était directement impliquée dans la mort de millions de poissons par pollution chimique marine suite à des écoulements de produits toxiques dans l’océan Pacifique. Face au manque de réactions du gouvernement, Lê Dinh Luong avait exhorté son pays à respecter ses engagements écologiques et demandé à ce que les pêcheurs affectés par la catastrophe soient dédommagés. Trop proche de l’organisation pro-démocratie Viet Tan considérée comme terroriste par le pouvoir en place, il a écopé de l’accusation souvent utilisée pour criminaliser et emprisonner les défenseurs des droits humains au Vietnam.
Le cas Lê Dinh Luong est d’ailleurs loin d’être un cas isolé. Condamnée à 10 ans de prison pour « propagande anti-étatique » et emprisonnée depuis juin 2017 (pour des propos similaires à ceux de Lê sur les droits humains et les scandales environnementaux), la blogueuse Nguyen Ngoc Nhu Quynh, connue sous le nom de « Mère Champignon », a été libérée de prison avant de s’envoler pour les Etats-Unis après que sa fille ait appelé Melania Trump à l’aide. Son collègue Do Cong Duong n’a pas eu la même veine puisqu’il vient d’écoper d’une double peine de 4 ans pour « trouble à l’ordre public » auxquels sont venus s’ajouter ce mardi cinq autres années pour avoir « abusé de ses libertés démocratiques » en dénonçant les expropriations forcées dont sont victimes les milieux les plus pauvres du pays.
Pays limitrophe de la Birmanie par sa pointe nord, le Vietnam semble fortement s’inspirer de la politique de sa tête pensante au niveau de la censure politique, persécutant le peu d’opposants qui réussissent à se faire entendre. Copiant les mégalopoles de l’Occident et accélérant son processus de développement logistique, le Dragon de l’Asie reste très en retard en matière de respect des divers droits et la corruption étatique étouffe le pays. Si il affirme la volonté de rejoindre le train des pays occidentaux, le Vietnam en est encore très loin et ne paraît pas de s’améliorer.

Vendredi
La Chine veut nous montrer sa lune

China Daily, le média officiel de l’Etat, a annoncé la volonté du gouvernement chinois de lancer une « 
Lune artificielle » dans l’espace d’ici 2020 afin d’éclairer la Terre durant la nuit pour réaliser des économies d’éclairage. Mais le projet ne respectera pas la grandeur telle qu’elle est ici énoncée puisque l’astre artificiel aura pour mission principale d’illuminer la ville de Chengdu, dans le sud-ouest du pays. Le satellite équipé d’une pellicule réfléchissante, et évoluant à 500km d’altitude, devrait être huit fois plus lumineux que son originale et est censé pouvoir partiellement se substituer à des lampadaires, permettant de faire théoriquement économiser près de 150 millions d’euros d’électricité par an à la ville de Chengdu. Mais la lumière créée pourrait également être déplacée vers des zones terrestres privées d’électricité à la suite de catastrophes naturelles.
Si le gouvernement de l’Empire du milieu a fixé l’objectif à l’horizon 2020, il ne s’agira en fait que d’un prototype puisque ce premier exemplaire sera suivi de trois autres satellites deux ans plus tard en cas de réussite. Le chef de l’organisme responsable du projet, Wu Chufeng de la Tian Fu New Area Science Society, a d’ailleurs déclaré « [qu’]elles auront un grand potentiel en termes de services à la population et d’un point de vue commercial. » Ce projet prend directement forme au sein du vaste investissement chinois dans sa course à l’espace, espérant rattraper les pionniers américains et russes, puisque le pays prévoit également d’envoyer un robot sur la face cachée de la Lune fin 2018. Il faut enfin noter que l’idée de réflection des rayons du soleil n’est pas nouvelle, les Russes ayant lancé un projet nommé Znamya (Bannière) dans les années 90′ avant qu’il ne soit tué dans l’oeuf lors des essais.
Mais dans les faits, que penser du projet chinois de lune artificielle mis à part sa nouvelle expression de la mégalomanie du pays? Premièrement, il est difficilement concevable qu’un satellite censé être huit fois plus lumineux que l’astre lunaire ne puisse que remplacer l’éclairage de lampadaires publics d’une seule ville, à moins que son spectre lumineux n’ait été (largement!) gonflé pour tenter de convaincre les esprits. Ensuite, l’investissement nécessaire vaut-il vraiment autant la peine d’être mené à terme, combien d’années « d’économies » électriques faudra-t-il ne serait-ce que pour en rentabiliser le coût de mise en place? Est-ce vraiment rentable de mettre sur pied un tel projet pour au final n’obtenir des économies que dans une seule ville? Enfin et plus symboliquement, la véritable solution ne serait-elle pas tout simplement de diminuer l’impact électrique et énergétique de la ville de Chengdu? Car si le gouvernement en vient à devoir envoyer un satellite pour en assurer la couverture électrique, il faudrait peut-être plutôt se poser la question du désastre écologique que représente une telle ville, ne faudrait-il pas plutôt tout simplement changer le mode de vie de ses habitants pour atteindre un niveau acceptable? Ah oui mais non, c’est vrai on est en Chine, un pays pour qui seules la productivité abusive et l’ultra activité comptent, au détriment de bien d’autres choses parmi lesquelles le gaspillage, le respect des droits humains et l’environnement.

Samedi
« Abrutis » et « menteurs »
Une enquête de Franceinfo aurait révélé des soupçons de surfacturation lors de la campagne présidentielle de 2017 de Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise s’en est pris aux journalistes de radio France qui, selon lui, « ont l’air de ce qu’ils sont, c’est-à-dire d’abrutis. » « Pourrissez-les partout où vous trouvez […] Il faut qu’à la fin, des milliers de gens se disent: les journalistes de France Info sont des menteurs, sont des tricheurs et il y a autour un système qui n’a même plus le recul professionnel de se dire mais qu’est-ce qu’on est en train de raconter? » a déclaré, Jean-Luc Mélenchon, dans un message sur les réseaux sociaux. Stop, j’en ai trop entendu! Comment un homme politique peut aller aussi loin en lançant une attaque aussi irresponsable?! Je tiens à rappeler que la France, comme la Belgique d’ailleurs, est une démocratie et que la liberté d’expression y règne en maîtresse de cérémonie. Lancer une attaque pareil envers des journalistes qui font leur boulot est complètement aberrant. Cet appel à la haine et la violence envers les journalistes est dangereuse et le leader de la France Insoumise joue avec le feu. On assiste à un candidat frustré par sa non-élection lors de la présidentielle 2017 qui se sent obligé d’attaquer les journalistes pour faire parler de lui.
Monsieur Mélenchon, vous n’avez pas été élu, laissez tomber, occupez-vous de votre groupe insoumis et laissez les journalistes faire leur travail avec l’intégrité et le professionnalisme qui les caractérisent. J’écris ce texte pour défendre le professionnalisme et l’intégrité des journalistes. Jean-Luc Mélenchon devrait d’abord s’occuper de ses problèmes judiciaires avant de penser à s’attaquer aux journalistes. La liberté d’expression est trop souvent bafouée, et ce n’est certainement pas à un acteur politique à commencer à la remettre en question (ou nous quitterons la démocratie). S’il est bien un professionnel qui peut s’exprimer, c’est le journaliste. Les attaques du leader de la France Insoumise n’ont aucune place dans la démocratie. La plainte déposée par Radio France ayant été suivie (une vingtaine de rédactions ont apporté leur soutien et co-signé la plainte), j’espère que Jean-Luc Mélenchon devra répondre de son incitation à la violence. Peut-être affirmera-t-il que ce n’est pas lui qui a tenu ces propos mais son hologramme? Malheureusement, j’en doute! Enfin, je pense que si Jean-Luc Mélenchon doit se concentrer sur ses problèmes judiciaires avant d’attaquer les journalistes, en tant que journalistes nous sommes tranquilles pour quelques temps! Le journalisme est un trop beau métier pour qu’il soit bafoué et j’espère sincèrement que l’acte qu’a posé Jean-Luc Mélenchon n’incitera pas d’autres personnes à faire pareil. Si jamais ça devait se reproduire, je serais là pour combattre ces personnes avec mes mots. Quoi de plus beau que des mots pour montrer que les journalistes sont là pour faire leur travail? N’en déplaise à certain(s).

Dimanche
Les cendres de Johnny rapportent 319€

L’hôtel de ventes Drouot à Paris mettait aux enchères, à la demande de la troisième épouse du rockeur Adeline Blondiau, quelques 300 objets ayant appartenu à Johnny Hallyday. Si la plupart des personnes présentes étaient principalement là « 
pour regarder et admirer », certaines pièces ont retenu l’attention des acheteurs qui n’ont pas hésité à faire monter les enchères : le blouson porté par le rockeur sur la mythique photo de la bande de Salut les copains est ainsi parti pour 9500€ sans frais, là où une veste du couturier Yves Saint-Laurent portée en 1971 au Palais des sports a décroché le pactole avec une vente à 25 520€ frais compris. Au total, la vente aura rapporté 315 338€.
Outre ses traditionnels blousons de cuir et des costumes de scène, on pouvait y retrouver un juke-box signé par le chanteur ainsi qu’un paquet de cigarettes de la marque Gitanes de 1996 dans lequel on retrouvait le fameux mégot, jeté et « 
abandonné » sur le trottoir du restaurant Le Balzac avant qu’un fan ne le récupère et le conserve plus de 20 ans. Fixé à 50€, il fut l’objet d’une âpre bataille avant de se voir adjugé pour 319€, rien que ça. Si les meilleurs vins s’arrachent parfois des milliers d’euros et certaines oeuvres d’art plusieurs millions, on a encore plus de mal à comprendre comment on peut claquer une telle somme pour un simple bout de papier à moitié brûlé.
Cette mise aux enchères avait d’ailleurs déjà été l’oeuvre d’une polémique concernant sa légitimité et son but ultime puisqu’elle a été organisée par Adeline Blondiau, la troisième épouse du rockeur entre 1990 et 1995, à qui il était reproché d’avoir mis en place cette vente pour « renflouer les caisses sur le nom et la notoriété du chanteur ». Peut-être en guise de réponse, elle avait inscrit sur le catalogue de la vente « Je ne garde de l’homme que j’ai aimé que l’intime » mais cette précision n’a clairement pas convaincu l’opinion publique. D’ailleurs, la pièce phare de la collection, directement mise en avant par son instigatrice, se trouvait être la robe de son premier mariage avec « l’idole des jeunes » (ils avaient rompu avant de se remarier en 1994), un objet dont on ne veut généralement pas se séparer. Signée Nina Ricci et réalisée avec de la dentelle et des fleurs brodées, elle fut presque totalement délaissée par l’assistance puisqu’elle n’a pas dépassé son prix de réserve de 11 000€ hors frais, un sentiment de vouloir surfer sur le nom Johnny Hallyday également perçu par les acquéreurs? C’est bien possible tant cette entreprise de vente sur notoriété semble mal cachée par son auteure, une pratique éthiquement et moralement assez discutable (tout autant que la vente d’un mégot de cigarette à 319€…).

Journa’Lîdje

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