La Revue de la semaine #3

La Revue de la semaine #3

Chronique hebdomadaire, la Revue de la semaine aura pour but de revenir sur certains sujets de la semaine écoulée, non pas en en listant la simple neutralité d’information mais en y apportant un point de vue, une critique ou une approche de réflexion. Entre une et trois informations seront sélectionnées par jour afin d’en livrer une courte analyse sans encombrer une chronique qui se veut directe. La volonté de la rédaction est d’amener chaque sujet à être traité et lu comme une brève.

Lundi
20 000 pass musées vendus!
Le pass musée est un laisser passer permettant de visiter en accès illimité près de 120 musées répartis dans tout le pays pendant 1 an. Il coûte 50€. Cette initiative est complètement essentielle à la vie culturelle d’un pays mais elle n’est arrivée que très tardivement en Belgique. Des pays comme la France, le Portugal ou l’Allemagne avaient déjà mis ce genre d’initiative en place il y a 15 ans. L’initiateur du concept parle d’un succès, pas étonnant vu l’engouement dans d’autres pays européens.
Mais encore une fois, la Belgique est en retard culturellement. Pourquoi ne pas avoir lancer ce concept plus tôt (d’autant plus que cela fait 15 ans que l’on voit que ça marche dans d’autres pays)? 20 000 pass ont déjà été vendus en 2 semaines et 2 personnes/3 achètent même 2 pass à la fois. Ne tapons pas trop sur le clou et estimons-nous heureux d’avoir accès à ce fabuleux pass qui donne accès à la culture à bas prix. D’ailleurs ne serait-ce donc pas un cadeau parfait pour les amateurs d’arts en ces fêtes de fin d’année?

Mardi
Les “boxeurs” français Booba et Kaaris condamnés
Deux mois après les faits qui ont fait les choux gras d’une presse qui s’est repue de stigmatisations (sur le rap, sur les jeunes, sur la violence, sur les enfants de l’immigration,…) et abreuvée de débats moralisateurs sans jamais rien y connaître aux sujets abordés, les deux rappeurs français Booba et Kaaris comparaissaient ce mardi devant le Tribunal correctionnel de Créteil, en Val-de-Marne, pour la désormais fameuse “bagarre d’Orly”. Condamnés pour “violences volontaires” et “vols en réunion“, les deux ex-comparses devenus “ennemis” entre temps ont tous deux hérité de 18 mois de prison avec sursis suite à leur altercation violente en public qui avait entraîné le retard de nombreux vols et l’incrédulité la plus totale. Ils avaient comparus, ainsi que 9 membres de leur entourage condamnés aux mêmes peines, le 6 septembre devant le Tribunal après avoir été placé en détention provisoire à la suite de leur échauffourée.
Nous ne remettrons pas ici en question la stupidité de leur geste ni même le jugement arrêté par le Tribunal mais plutôt l’hypocrisie dont font la preuve, depuis de longues années déjà, la société et surtout la justice française. S’il fallait bien condamner ces agissements scandaleux, la campagne menée consécutivement à cette affaire par la classe politique française envers “la jeunesse délinquante”, “la sous-culture hip-hop baignée de violence” et “l’immigration mal intégrée” est d’une répugnance et d’une hypocrisie sans nom quand on sait à quelles magouilles et autres détournements d’argent public la plupart d’entre eux ont déjà eu à faire/répondre. Nous n’épargnerons pas non plus le volet judiciaire français qui, en deux temps trois mouvements, a déjà condamné les deux boxeurs mais laisse toujours des François Fillon, Nicolas Sarkozy, Alexandre Benalla ou Jérôme Cahuzac totalement impunis, et ce depuis bien plus longtemps que les deux mois nécessaires pour ce jugement. Une conciliance qui ne semble, cette fois, par émouvoir le moins du monde une classe politique au-dessus des lois bien contente de participer au lynchage des mêmes catégories de personnes, encore et toujours.

Une équipe de réfugiés aux Jeux Olympiques 2020
Une équipe de réfugiés prendra part aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. C’est une décision renouvelée du Comité international olympique, quatre ans après la première participation de dix réfugiés aux JO de Rio en 2016. Une belle initiative qui n’est pas venue seule, il est important de souligner les efforts du CIO pour l’aide aux réfugiés avec notamment la création en 2017 d’une Fondation leur étant dédiée.
Mais cette situation pose tout de même question : il est donc plus facile pour des réfugiés de participer aux Jeux Olympiques que de recevoir un passeport! A quand une si belle action de la part d’un gouvernement européen? A l’heure actuelle, les frontières semblent plus se fermer qu’autre et l’acceptation des migrants semble même diminuer. L’action du Comité olympique est donc pourrait avoir un impact important dans l’acceptation et l’accueil des réfugiés à l’avenir. Espérons que certains gouvernements prennent désormais exemple sur ces efforts!

Mercredi
La Plage fermée : veuillez circuler, il n’y a plus rien (de vivant) à voir
Elle en avait enchanté plus d’un, et en premier Leonardo Di Caprio et Virginie Ledoyen qui y avaient vécu une idylle à succès dans le film éponyme de Danny Boyle, mais La Plage n’est plus. Dépouillée par les 4000 touristes qui foulent son sable chaque jour, la plage paradisiaque de Maya Bay en Thaïlande a été fermée d’urgence en juin dernier pour sa survie. Le tourisme de masse qu’elle connaît depuis le succès du film nuit gravement à sa biodiversité locale et plus particulièrement à ses récifs coralliens, presque entièrement morts ou détruits.
Initialement, elle devait réouvrir ses bras ensoleillés en octobre mais des études réalisées sur place ont démontré que l’écosystème était encore très loin de s’être régénéré, forçant les autorités nationales à prolonger la mise en quarantaine du puits de vie devenu trou mortuaire. Mais plus grave encore, le cas de Maya Bay est loin d’être un îlot isolé : les fonds marins thaïlandais, dont le pays accueille près de 35 millions de touristes annuellement, souffrent sensiblement de dégradation avancée. Une situation comparable aux récifs de la Grande barrière de corail australienne dont la biodiversité ne cesse de disparaître ainsi qu’aux mers des Maldives étouffées par le sur-tourisme dont joui l’archipel (et dont nous parlerons plus profondément dans une future analyse leur étant consacrée). Et le plus terrible dans ce désastre c’est qu’il ne concerne que la sur-présence humaine sur place et même pas la pollution manifeste et grandissante produite par l’homme dans toutes les mers du monde, quelle en serait la situation si la pollution était venue s’y ajouter? Poser la question c’est déjà y répondre, et c’est pour cela qu’il est absolument vital de réagir et de changer drastiquement nos habitudes de vie!

Les femmes à la conquête du Bel 20!
Le Bel 20 est le principal indicateur de la place financière belge puisqu’il regroupe les 20 entreprises cotées en bourse du pays. Le nombre de femmes à la tête de celles-ci s’élève désormais à 3, depuis la nomination mercredi d’Ilham Kadri à la tête de Solvay. Elle rejoint Dominique Leroy, CEO de Proximus, et Isabelle Kocher au sommet d’Engie Electrabel. Mais est-ce vraiment suffisant? 15% de femmes aux plus hauts postes d’entreprises c’es trop peu, elles devraient être beaucoup plus à occuper de tels postes à responsabilité.
Malgré tout, 3 femmes sur 20 entreprises cotées, cela peut paraître anodin voire risible mais la Belgique fait pourtant bonne figure. C’est même un exemple en Europe puisqu’elle occupe les premières places de ce classement. Mais gare à l’excès d’enthousiasme, les femmes restent encore (trop) peu présentes dans la majorité des entreprises. Elles sont même absentes de la plupart des postes de direction. Avoir une femme présidente serait même un plus selon certaines études, notamment de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) qui affirme qu’avoir une femme à la tête d’une entreprise augmenterait les bons résultats.
Même si, les efforts sont présents, il reste encore un très long chemin à parcourir avant une parité parfaite entre hommes et femmes à la tête des entreprises. Et si les entreprises étaient faites pour les hommes?

Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix-rsécution
Prix Nobel de la Paix en 1991 pour avoir combattu le pouvoir dictatorial de Saw Maung, l’ex-ambassadrice birmane Aung San Suu Kyi ne soulève plus du temps le même enthousiasme depuis son arrivée à la tête du pays. Leader de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), mouvement politique fondé au lendemain de la chute de l’ancienne présidence, elle n’a clairement pas oeuvré pour les divers droits qu’elle défendait encore opprimée.

Ainsi, trois journalistes birmans (Kyaw Zaw Lin, Nayi Min et Phyo Wai Win) ont été conduits sous escorte policière à la prison d’Insein à la suite d’un article critique sur un politicien considéré comme un protégé de la présidente au sein duquel il lui reprochait un manque de transparence dans l’achat d’une flotte de bus à Pékin. Ecroués en vertu de l’article 505b (pour fait de “circulation de rumeur dans le but d’alarmer le public”), utilisé sous l’ancien pouvoir tant décriée par la prix Nobel pour censurer toute critique gouvernementale, les journalistes ont reçu le soutien de toute la profession nationale, déclarant que c’était “toute l’industrie des médias [qui] est menacée”.
Ces arrestations interviennent dans un contexte qualifié de “réduction de l’espace démocratique” par Yanghee Lee, la rapporteuse de l’ONU en Birmanie. En effet, début septembre, deux reporters birmans de l’agence Reuters, accusés “[d’]atteinte au secret d’Etat”, ont écopé de sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre de rohingyas perpétré par l’armée nationale. Deux procès qui éclaboussent encore l’image de la prix Nobel dont les prises de position depuis son arrivée à la tête du pays ont radicalement changé de bord pour s’orienter dans la direction dictatoriale qu’elle combattait à l’époque. Qualifier ces deux enquêtes de “rumeur pour alarmer le public” et “[d’]atteinte au secret d’Etat” sur des sujets tels que la corruption ou le massacre d’une minorité religieuse relève de l’intimidation, de la censure politique et de la mise sous silence de génocide. On est bien loin de la démocratie (pourtant dans le nom du parti) tant vantée par celle qui criait à l’abominable dictature du régime de Saw Maung. N’est-il pas possible de rayer de la carte le nom d’un lauréat du prix Nobel?

Jeudi
Washington se met à jour!
La cour suprême de l’Etat de Washington a déclaré ce jeudi la peine de mort “Anticonstitutionnelle”, estimant qu’elle était appliquée de manière arbitraire et raciste. J’ai envie de dire “Il était temps”, temps que Washington se mette à jour puisqu’il est tout de même le vingtième Etat à interdire la peine capitale. Cette décision tombe à pique, à l’heure où la Déclaration Universelle des droits de l’homme fête ses 70 ans.
Constat inquiétant, il reste tout de même encore 30 Etats aux Etats-Unis où la peine de mort est encore d’application. 30 états! c’est énorme, mais il y a du progrès et nous espérons que d’autres vont suivre l’exemple de Washington de réduire cette affreuse peine capitale. Le point positif est que la peine de mort semble en régression aux Etats-Unis. Bonne nouvelle! oui mais il y a encore beaucoup d’efforts à faire pour que les droits de l’Homme y soit réellement respectés.

Black Mirror est devenu réalité
Ce jeudi, “This is not a sushi bar” ouvrait à Milan le sixième restaurant de sa chaîne et, pour marquer le coup et attirer le public, proposait une nouvelle formule : des sushis gratuits à partir d’un certain nombre de followers Instagram. Pour profiter de l’offre, il faut compter au minimum 1000 followers (donnant accès à un plat gratuit après avoir acheté un plat et une boisson, il faut toutefois au moins 100 000 fans pour bénéficier du repas complet gratuit), poster la photo du lieu ou d’un plat et y joindre le tag et le hashtag du restaurant. Matteo Pittarello, propriétaire de la chaîne, explique que la majorité de leur clientèle fait partie de la génération des Millenials et utilise énormément le réseau social, une opportunité à saisir selon lui. Un restaurant pop-up de ce type avait déjà vu le jour à Londres lors d’une opération de communication de deux semaines mais le restaurant milanais est le premier à étendre son offre durablement.

Utiliser sa notoriété (virtuelle) en échange d’avantages dans la vie de tous les jours n’est pas sans rappeler l’excellent épisode de Black Mirror intitulé Nosedive, véritable miroir et critique de la société du “like” et de consommation (si vous ne l’avez jamais vu, courez-y, ça vaut vraiment la peine). La situation ayant permis au restaurant milanais de rendre possible une telle formule démontre la malheureuse ampleur qu’ont pris les réseaux sociaux et la “notoriété” qu’ils peuvent apporter. Cette initiative ne peut que servir la triste escalade de la course aux likes et followers déjà trop vantée dans la société actuelle, faisant sombrer de nombreuses personnes dans cette recherche “à tout prix” de ces deux éléments “tellement importants et révélateurs” d’une fausse célébrité sans laquelle ils ne pourraient exister (manger* dans ce cas ci). Si l’idée du restaurant n’a sans doute pas mauvais fond, elle reste très malsaine à surfer sur un état des lieux tout aussi malsain qu’elle va certainement encore renforcer. Comment est-ce possible qu’un restaurant pareil puisse voir le jour à l’heure où le nombre de cas d’addictions aux réseaux sociaux et de problèmes psychologiques y étant dus explosent?

Vendredi
Le changement climatique multiplie(ra) les catastrophes naturelles
On ne cesse d’en parler, le réchauffement climatique est bien présent et les efforts fournis ne sont clairement pas encore suffisants. Si l’on sait qu’il tue une grande partie de la faune et de la flore maritime par le réchauffement de ces eux, une étude vient de prouver définitivement qu’il amplifie aussi les événements extrêmes, pluies torrentielles ou vagues de chaleur qui n’arrêtent pas de dépendre du comportement des humains et que l’on voit se multiplier depuis plusieurs années.
A quand des mesures de protection? La population ne doit pas attendre le feu vert des autorités compétentes pour faire des efforts, sinon elle sera morte avant même d’avoir vu de réels changements. Elle doit réagir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard! Il est grand temps que tout le monde se réveille et comprenne que notre planète est au bord de l’étouffement tant l’activité humaine pille toutes ses ressources. Les glaciers fondent, les pluies sont de plus en plus impressionnantes et violentes, les inondations et tempêtes tropicales se multiplient et la chaleur ne cesse d’augmenter. Sans efforts, cette planète, notre planète ne produira bientôt plus assez de ressources pour nous faire vivre tous!

Chef des prisons, les petits arrangements entre amis continuent
L’administration des établissements pénitentiaires avait besoin d’un nouveau patron, c’est désormais chose faite avec la nomination de Rudy Van De Voorde. Officiellement, ce sont les autoritaires carcérales qui l’ont choisi et tout s’est passé dans les règles selon le cabinet de Koen Geens, ministre de la Justice, qui précise que “le président du SPF Justice s’est entretenu avec les candidats ayant obtenu le meilleur résultat [aux examens obligatoires] et le choix s’est finalement porté sur M. Van De Voorde.”
Mais officieusement, ça ne se passe évidemment pas comme cela. Rudy Van De Voorde est un collaborateur du cabinet du ministre CD&V qui a chapeauté de l’extérieur et indirectement la nomination du nouveau patron des prisons, rien d’illégal donc mais un processus éthiquement et moralement discutable. D’autant plus lorsque l’on apprend que ce n’est pas le candidat élu qui avait obtenu le meilleur résultats à l’examen du Selor, l’outil de recrutement des autorités pénitentiaires, mais une certaine Mathilde Steenbergen. Un choix définitif peut-être pas si anodin non plus quand on y attache un caractère politique évident : la candidate au poste a travaillé, comme spécialiste de la justice, au cabinet du vice-Premier ministre Open VLD Alexander De Croo. Quand on sait que les oppositions entre CD&V et Open VLD se sont accrues ces dernières années, cela devient tout de même suspicieux. Inutile de préciser encore que la nomination de Rudy Van De Voorde ne doit pas être présentée au Conseil des ministres puisqu’elle ne doit pas en recevoir l’aval, le choix posé est donc définitif et non négociable.

Si cela fait des années que l’on constate que la Belgique n’occupe, dans presque aucune des matières ni aucun des critères et sujets, pas les premières places européennes et fait même plutôt figure de mauvais élève, nos politiciens ne semblent toujours pas avoir compris qu’il fallait aller de l’avant et avancer ensemble dans une même direction. Au lieu de cela, ils préfèrent toujours se livrer aux habituelles batailles de chiffonniers entre partis et se tirer dans les pattes pour “se placer” du mieux possible au détriment de l’intérêt commun. Une belle preuve d’évolution des mentalités tiens…

Samedi
Chelsea déporte certains supporters à Auschwitz
La problématique du racisme dans les tribunes de Stamford Bridge a refait surface en septembre 2017 lorsqu’une partie des supporters des Blues avaient entonné des chants antisémites lors d’un match contre leurs rivaux de Tottenham. Le club avait directement réagi en critiquant ouvertement et publiquement ses actes “indignes” devenus rarissimes en Angleterre depuis la mise en place de la lutte agressive contre les hooligans dans les stades anglais. Mais si l’affaire refait aujourd’hui surface, on le doit à une déclaration de Roman Abramovich, lui-même juif et propriétaire du club londonien, dans les colonnes du Guardian.

Il y explique ne pas vouloir bannir les fans racistes de Chelsea mais les envoyer visiter le camp de concentration d’Auschwitz, légitimant que “si vous bannissez les gens, vous ne changerez jamais leur comportement“, ce sur quoi on ne peut clairement pas lui donner tort. Il continue, parlant de son projet, “de cette manière, on leur donne la chance de se rendre compte de ce qu’ils ont fait, de se comporter mieux” avant de préciser que cette visite non touristique n’est en aucun cas obligatoire : le club donne le choix à ses supporters, soit ils sont bannis soit ils acceptent de passer du temps avec des agents de diversité pour comprendre ce qu’ils ont fait de mal.
À ceux qui se plaignaient, souvent à raison il faut bien le reconnaître, du manque général d’intelligence prégnant au monde du football, cette intervention du riche investisseur vient quelque peu leur clouer le bec tant cette réponse est emplie de réflexion positive, de pragmatisme et de vision à plus long terme. Un type de raisonnement dont ne paraissent pas capables la majorité des gens, préférant stupidement et inutilement taxé de fachos ou racistes les personnes incriminés plutôt que tenter de s’expliquer. Braquer un raciste ou un radical ne sert strictement à rien si ce n’est le renforcer dans son idéologie. Bref, une belle initiative de Roman Abramovich emplie de cynisme envers ses personnes aux propos et pensées déplacées qui se voient obligées de s’auto-bannir ou de reconnaître qu’elles avaient tort.

Dimanche
Le fils est joueur de foot, le père est bourgmestre
Il s’agit des Kompany père et fils. Le premier est devenu au lendemain des élections communales bourgmestre de Ganshoren et le deuxième est l’un des piliers de nos Diables Rouges. Pierre Kompany a remporté le maïorat de Ganshoren en Région bruxelloise avec sa liste CDH et deviendra ainsi le premier bourgmestre originaire d’Afrique sub-saharienne en Région bruxelloise.
Quel pas en avant (enfin) franchi! La diversité est extrêmement importante dans toutes les sphères de notre société et encore plus en politique. L’élection du père Kompany à Ganshoren prouve que nos origines ou notre couleur de peau ne doivent pas influencer le vote même si c’est malheureusement encore bien trop souvent le cas. Prenons le taureau par les cornes et faisons en sorte que d’autres bourgmestres d’origine noire-africaine soient élus non pas pour leur couleur de peau ou pour la diversité qu’ils représentent mais pour leurs compétences politiques.

L’Eglise ukrainienne indépendante, nouvelle opposition avec la Russie
Ce dimanche, des dizaines de milliers de nationalistes ukrainiens défilaient à Kiev à l’occasion de la fête nationale du Défenseur de l’Ukraine. Une célébration plus symbolique encore pour le deuxième pays le plus étendu d’Europe suite à la reconnaissance, par le Patriarcat de Constantinople, d’une Eglise ukrainienne indépendante de la tutelle de Moscou.

Avant le défilé commémoratif, une prière solennelle avait réuni des milliers de croyants, dont le président ukrainien Petro Porochenko lui-même, sur la place centrale de la capitale. Scandant “Gloire à l’Ukraine” en brandissant les drapeaux nationaux bleu et jaune, les “manifestants” ont également arboré l’étendard rouge et noire du mouvement nationaliste. Craignant de possibles troubles et oppositions virulentes entre les fidèles des deux Eglises orthodoxes, près de 6000 policiers avaient été déployés par l’autorité fédérale afin de maintenir l’ordre dans la capitale. Mais ce climat de tension n’a été instauré que par le Kremlin dont le porte-parole Dmitri Peskov avait averti vendredi que la Russie allait “défendre les intérêts des orthodoxes russes” en cas de troubles religieux en terres ukrainiennes. Les autorités bleu et jaune s’étaient quant à elles montrées rassurantes, déclarant vouloir éviter une “guerre religieuse” avant d’ajouter que le gouvernement respecterait le choix des paroisses qui décideraient de rester fidèles au Patriarcat de Moscou.
Consciente qu’elle perd à nouveau du terrain chez son voisin après son intervention en Crimée, la Russie tente de mettre à nouveau la pression au sein du pays en montant les deux communautés religieuses l’une contre l’autre pour espérer en tirer partie. L’Ukraine appuie et affirme sa volonté d’intégrer l’Union européenne depuis plusieurs années déjà mais cette démarche ne plaît pas à son grand voisin soviétique qui voit lui échapper tous ses anciens bastions communistes. Après son annexion de la Crimée en 2014, le Kremlin sent qu’il perd à nouveau le contact dans un pays qui renouvelle sa détermination de rejoindre “l’Occident” et le pouvoir de Poutine n’hésite pas à sortir les grands moyens pour l’en empêcher, quitter à lancer une guerre civile si cela s’annonce nécessaire. Heureusement, les Ukrainiens semblent ne pas bêtement tomber dans le panneau et répondent de la plus belle des manières en calmant le jeu des divisions.
En intervenant indirectement au sein de la politique ukrainienne, la Russie sait qu’elle ne risque aucune menace ni sanction puisqu’elle n’influence pas pleinement la gouvernance de sa voisine mais cette situation démontre ses sombres méthodes de fonctionnement. Espérons que ces intimidations n’entament pas les efforts ni l’enthousiasme du deuxième pays européen en terme de superficie qui doit continuer à “se battre” contre le colonialisme que son voisin russe tente d’exercer sur lui.

Journa’Lîdje

One Reply to “La Revue de la semaine #3”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *