Playlist du mois #4 (spécial été 2018)

Playlist du mois #4 (spécial été 2018)

Conformément au titre de l’article, la rédaction de Journa’Lîdje publiera mensuellement une playlist musicale qui reprendra les chansons qui les auront le plus marqués le mois précédent. Plus encore qu’une simple liste, une courte description ou analyse sera proposée pour chaque son.
Les playlists seront divisées en trois parties, chacune étant la playlist personnelle d’un des trois rédacteurs en chef du site. L’ordre des chansons n’est pas représentatif d’une quelconque hiérarchie, seul un coup de cœur sera mis en évidence par section.
Ces publications mensuelles ont pour but le partage et la possibilité de découvertes musicales.

Playlist de Mina

  • [Coup de coeur] Natural (Imagine Dragons – single) : Sorti à la mi-juillet, Natural est le troisième single du groupe depuis la sortie en juin 2017 de leur troisième album, Evolve. Dans ce trio de single, on compte aussi Next to Me et Born To Be Yours en collaboration avec Kygo.
    Le groupe a lancé un teasing sur les réseaux quelques jours avant la sortie du morceau, inutile de dire que l’info a été relayée et que les fans n’ont pas attendu pour l’écouter.
    Comme souvent, le groupe ne lésine pas sur la qualité et nous offre un morceau sombre bien ajusté. La voix est puissante sans en faire de trop, on rentre très vite dans leur univers musical façon musique de film épique. Leur troisième album Evolve ainsi que Natural sont par ailleurs une retrouvaille avec leurs débuts et leur premier album Night Visions mais en plus perfectionné, le groupe évolue de plus en plus vers leur propre univers et se perfectionne au fil des albums, créant à chaque fois plus de tubes qui restent en tête.
    Dans une interview, le chanteur Dan Reynolds explique que la chanson traite du monde dans lequel on vit : il est impitoyable et nous oblige à être intransigeant et « froid », il peut faire ressortir ce qu’il y a de meilleur en nous et ce qu’il y a de pire. « Il s’agit de se trouver, de savoir qui nous sommes mais aussi d’être capable et prêt à faire face à n’importe quelle adversité qui se présente ».

  • Havana (Camila Cabello feat. Daddy Yankee – single et remix) : C’est l’été, quoi de mieux que de partir du côté du soleil, des plages et des pays latinos? Alors oui, peut-être qu’on a trop entendu ce morceau à la radio, sur les plages ou dans les magasins. Sorti il y a un an en tant que single promotionnel avec OMG, Havana en featuring avec Young Thug atteint une grande popularité et ainsi devient le vrai single du premier album de la chanteuse, CAMILA. Quelques mois plus tard et toujours en 2017, Camila sort un remix de la chanson en espagnol où Daddy Yankee reprend la partie rap de Young Thug. Bizarrement, c’est en partant en Espagne au mois de juillet 2018 que je découvre ce remix, et quelle (re)découverte. Les notes latines nous transportent d’autant plus et on ne peut désormais plus nier l’atmosphère cubaine et festive qui en ressort. De quoi pratiquer son espagnol.
    (NDLR : il existe d’ailleurs d’autres remix où Camila Cabello chante en solo en version anglaise et en version espagnole).

  • Petit pays (Cesária Évora – Cesária) : Découverte au mois de juin, le morceau provenant de l’album Cesária de la chanteuse cap-verdienne est pourtant sorti en 1995. Elle a popularisé les genres musicaux provenant du Cap-Vert, la morna et la coladeira, et chantait en créole cap-verdien. Dans Petit Pays, elle rend hommage à son pays d’origine en énonçant ce qu’il représente à ses yeux. La voix chaleureuse de Cesária Évora et le genre de la morna nous emportent avec ses sons de guitare vers ce petit pays.

  • Deep Water (American Authors – single) : Le groupe a sorti le morceau début juin, sans doute en signe d’un troisième album? Sous des notes à la fois un peu indies et pop au rythme lent, Deep Water fait référence à ces moments dans notre vie où on a l’impression que rien ne va et où l’on perd pied. Pourtant, on a chacun une ou plusieurs personnes à qui se raccrocher en cas de besoin pour persévérer et se relever.
    « Will you be my breath through the deep deep water? / Seras-tu mon souffle sous cette eau profonde? »

  • Sober (Demi Lovato – single) : Bien plus qu’une chanson sur l’addiction, Sober est un appel à l’aide vis-à-vis de l’addiction de la chanteuse et de sa récente rechute. Elle raconte qu’elle a replongé dans la boisson et s’en excuse auprès de ses proches. Cela prend encore plus d’ampleur lorsque l’on sait qu’elle a également connu des déboires avec la drogue. Sur une mélodie douce et sans artifices, elle compose ce morceau après 6 ans de sobriété. L’aspect brut des paroles et de la chanson la rend encore plus forte, plus puissante et plus parlante. sevrée

  • Lash Out (Alice Merton – No Roots EP) : Après le succès de No Roots, Alice Merton dévoile un autre single plus dynamique qui se retrouvera sur l’EP No Roots. Avec une mélodie pop et alternative, elle décrit ce qu’on peut ressentir lors d’une dispute ou lorsqu’on ne se sent pas écouté :

All of the words getting trapped in my lungs […]
(Tous les mots sont coincés dans mes poumons)
Hard to hold this fire inside me […]
(Dur de garder ce feu en moi)
I got something to say, may start a riot,
(J’ai quelque chose à dire, je peux commencer une révolution)
Rip that tape from my mouth I won’t be quiet
(arracher ce scotch de ma bouche, je ne resterai pas silencieuse)

  • Secrets (Pink – Beautiful Trauma) : Secrets est un single présent sur le dernier album en date de la chanteuse. Avec des airs beaucoup plus pop que d’habitude, elle aborde le fait qu’on ne pourra jamais tout connaître d’une personne, il restera toujours des points d’ombres.

A écouter aussi : Solo (Clean Bandit feat Demi Lovato – single) et La Cintura (Alvaro Soler – Mar de Colores) pour une ambiance festive.
N’oublie pas (Mylène Farmer et LP – single) pour un duo qui pourrait sembler étrange à première vue.
Ta Marinière (Hoshi – Il suffit d’y croire) pour une découverte francophone, remplie de jeux de mots.

Playlist d’ALVARRO

  • [Coup de coeurJuste pour voir (S.Pri noir feat Nekfeu – Masque blanc) : 3 ans après Le monde ne suffit pas, S.Pri noir revient avec un nouvel album autour de nouvelles sonorités, plus dans l’air du temps sans pour autant tomber dans le commercial.
    Dans la foulée de Fusée Ariane, il nous signe, en collaboration avec Nekfeu, une nouvelle mélodie entêtante soutenue par un flow rythmé et musical. Mélange de rap et d’autotune, la forme de la chanson tend à capter l’approbation de l’auditeur et y parvient parfaitement, S.Pri noir utilisant, comme à son habitude, parfaitement l’autotune. C’est, au contraire, plus surprenant de la part de Nekfeu, plus habitué à un style de rap plus direct, et pose question : est-ce une volonté de s’essayer à un nouveau style ou une amorce d’un prochain tournant artistique dans sa carrière? Toujours est-il que l’ancien rappeur de 1995 a parfaitement adapté son texte au thème général de Masque blanc (album duquel est issu le morceau), le racisme, en parlant des avantages de sa couleur de peau dans la société actuelle.
    Plus généralement, le titre traite des galères par lesquelles sont passés les deux acolytes dans leurs carrières. Le refrain sert à rappeler qu’avant même de devenir leur métier, le rap reste leur passion et qu’ils sont parfaitement conscients de la chance que cela leur procure. Le couplet d’outro retrouve un côté dénonciateur plus familier aux deux rappeurs.
    En résumé, dans un univers hip-hop qui dérive de plus en plus souvent vers le commercial ou la variété française, on peut considérer ce morceau comme un grand bol d’air frais nous rappelant que les techniques actuelles peuvent également être utilisées à bon escient (on pourrait d’ailleurs rapprocher les projets actuels d’S.Pri noir et de Dinos sur ce propos).

  • À l’ammoniaque (PNL – single) : en parlant d’utilisation à bon escient des techniques musicales et vocales actuelles, attaquons tout de suite un groupe qui ne laisse pas indifférent, PNL. Amateurs de simplicité, d’efficacité et d’identité musicale forte, nous n’avons jamais porté les deux frères dans notre cœur ni nos écouteurs (attention, ils ont créé une identité musicale à eux mais elle a tellement été copiée depuis qu’elle en perd de sa valeur, en comparaison un Kery James ou un Lino n’ont jamais pu être copiés).
    Si leurs textes ont toujours été porteurs de certaines perles, le style embaumé de leur musique combiné à un vocoder bien trop présent et à une utilisation abusive et ridicule d’onomatopées nous a très longtemps repoussé au plus loin. Autant vous dire que l’on ne pensait absolument pas parler d’un morceau de PNL dans cette chronique, c’est désormais chose faite pourtant. Et la raison principale de ce changement de cap est la simplification apportée par les deux rappeurs à leur musique, beaucoup plus épurée, directe et percutante. On atteint désormais une ligne de flottaison parfaitement répartie entre puissance musicale et résonance vocale bien plus efficace et harmonieuse. Alors oui, il reste encore trop de « ouais ouais ouais », de « mmmhh » et de répétitions en tout genre totalement inutiles mais ils ont déjà éliminé une grande partie des freins à une immersion totale. À l’ammoniaque se transforme dès lors en une bonne chanson chill qui reste en tête sans énerver et cela promet un très bon album si les espoirs se concrétisent.
    Nous nous devons également de souligner la beauté du clip, d’une pureté et d’une qualité rare entre plans larges magnifiques et couleurs bien exposées. Les transitions de tableaux sont bien effectuées et on sent la volonté de mettre en valeur les différents paysages. On apprécie quand les artistes investissent (et bien) un certain budget pour nous proposer des clips de qualité car cela rajoute une dimension plus grande encore au titre. Une très bonne surprise donc, à concrétiser tout de même.

  • Don’t give in (Snow Patrol – Wildness) : après 7 ans d’absence, Snow Patrol revient enfin et ça tombe bien, la chanson phare de l’album parle de la difficulté de faire un album. Dans une interview, Gary Lightbody, compositeur, guitariste et chanteur du groupe, explique le double sens du morceau. À la base, il l’a écrite pour un ami qui traversait une période difficile mais, à force d’écriture, il s’est de plus en plus reconnu dans le texte entre sa dépression d’enfance et les problèmes rencontrés à la création de Wildness. En plus de devenir le single principal de l’album, Don’t give in en est ainsi devenu le talisman selon les dires du groupe.
    Plus factuellement, et comme son titre l’explicite, elle s’adresse à quelqu’un de fataliste, qui aurait baissé les bras, et l’exhorte à se relever et à tout donner pour s’en sortir. Elle dénonce le matérialisme de nos sociétés actuelles, considéré à tort comme révélateur du bonheur, et tend à rappeler que tout finit toujours par s’arranger pour celui qui en veut. Le soutien moral est renforcé par les cœurs sur le refrain qui servent à montrer que l’on est pas tout seul, que les gens qu’on aime sont toujours là pour nous. L’effet placebo du morceau est alimenté par le double sens de la chanson : elle parle de la difficulté de faire un album mais cet album existe bel et bien puisque la chanson en fait partie, la prophétie du texte s’est donc réalisée et se réalisera pour ceux qui l’écoutent.
    Énormément attendus par leurs fans, les Snow Patrol reviennent sur le devant de la scène avec une ballade rock entraînante portée par un message d’espoir annonçant un renouveau et une réalisation des rêves et des souhaits.

  • Bizarre (Lorenzo feat Vald – Rien à branler) : l’un fut connu par du troll rap pris au sérieux, l’autre par un « bonjour » et l’union des deux nous offre un des meilleurs titres de la playlist. Bizarre? C’est justement le principe du morceau qui traite de l’étrangeté apparente du succès des deux rappeurs, mais entre les lignes de la raison de ce succès.
    Leur enthousiasme de travailler ensemble enduit le morceau tout entier qui se présente comme une ode à leur univers décalé et ressemble a priori à un énorme délire entre les deux, ce que l’on retrouve facilement dans le texte ou grâce à la prod. Le post-refrain détonne pourtant, indice du double sens du morceau et plus largement de leur carrière : pris de l’extérieur, leur univers est évidemment décalé voire parodique, mais en se plongeant plus en profondeur dans leurs textes, on se rend compte du sérieux qu’ils investissent dans leur musique, comme une transition entre leurs débuts et un style plus classique et sérieux. Les paroles moins stupides en général, punchlines à propos et flows de plus en plus développés abondent en ce sens,… et si Lorenzo et Vald avaient bien plus à dire dans leurs sons qu’on ne veut bien leur accorder? Si la plupart des amateurs de rap l’avaient déjà remarqué, l’idée semble enfin se répandre chez les plus novices et il suffit de constater la qualité des flows proposés dans Bizarre pour finir de s’en persuader : Lorenzo et Vald sont de vrais rappeurs (peut-être même plus que bien d’autres pseudos « rappeurs ») malgré leurs airs peu sérieux.
    Un petit mot enfin sur le clip, très varié et assez révélateur. On remarque directement les plans typiques de deux gars qui s’amusent ensemble, entre déguisements, décors fantasques et mises en scène en duo, mais pas que. Les gros plans du gamin dévorant, hagard, sa nourriture les yeux vides et rivés sur la tv et les deux représentants du « troll rap » rappellent étrangement le clip de Mégadose, l’un des titres les plus engagés de Vald.
    Si être « fan de Lorenzo c’est trop bizarre », il est tout à fait normal que son nouveau titre, en featuring avec un très bon Vald, se retrouve dans notre playlist. Plus qu’un simple son d’ambiance, l’écriture à double niveau de lecture est très pertinente et prouve, une fois encore, que les deux acolytes ne sont pas assez considérés pour leur art. Une belle collaboration qui méritait que l’on s’y attarde.

  • Incroyaux (Caballero & JeanJass feat Roméo Elvis – Double Hélice 3) : inutile de le cacher, le rap belge a la cote en France depuis plusieurs mois et nos artistes vendent désormais presque plus en Hexagone qu’au plat pays. Cela ne veut cependant pas dire qu’ils s’adaptent à la scène française, ils continuent de prôner leur statut d’artistes belges et restent fidèles à leurs principes. À tel point qu’ils semblent de plus en plus revendiquer leur appartenance et leur particularité belges que ce soit par des références directes à la Belgique ou par une affirmation des valeurs nationales. Amis dans la vie, Roméo Elvis s’est ici allié à Caballero & JeanJass au sein d’une collaboration 100% belge qui s’affirme comme telle. Par la transposition à un pluriel hypothétique d’incroyable en incroyaux, le trio rend directement hommage au mouvement artistique du surréalisme, dont le représentant le plus éminent n’est autre que le belge René Magritte, et crée le décalage entre eux (Belges) et les autres (autres francophones) afin de réaffirmer leur différence belge.
    Plus généralement, le morceau est un modèle du genre cher aux trois rappeurs, une variété de flows à rythme divers posés sur une prod flottante très efficace dont l’objectif principal reste la vibe. Fidèles à leur style personnel, le propos sert l’habituel egotrip entrecoupé de punchlines et de name-dropping sans pour autant tomber dans la caricature. Une bonne utilisation de l’autotune parfaitement agencée pour varier les parties chant des parties rap sans en faire trop. Pas la chanson la plus renversante niveau texte mais un morceau qui s’écoute le soir sous les étoiles pour décompresser et chiller calmement, un vrai son pour se poser.

  • Sad! (XXXTentacion – ?) : quoi de mieux, en pleine période de chill, que de glisser lentement vers le nostalgique? Ça tombe bien, c’est exactement l’ambiance de l’opus d’XXXTentacion. Figure de proue de la veine nostalgico-dépressive du rappeur floridien, Sad! (issue de son deuxième et dernier album ?) est la chanson phare de son répertoire, achevé, comme on le sait, prématurément il y a de cela un mois et demi. Cette nomination dans la playlist est un peu notre façon de lui rendre hommage.
    Si l’on s’attarde un peu plus particulièrement au morceau, on remarque qu’il s’inscrit typiquement dans la structure assez vide du rap américain dans tout ce qu’on lui reproche : trois refrains pour un seul couplet de 8 lignes, c’est d’une pauvreté affligeante qui explique en partie la cadence qu’arrivent à suivre la majorité des rappeurs anglophones. Sad ! raconte un amour perdu et une dépression qui en découle. Très mélancolique, le rappeur de Plantation s’en donne ici à cœur joie pour exprimer ses états d’âme et ses pensées obscures sur une prod à l’écho profond auquel les puissantes basses ajoutent une dureté qui colle parfaitement au propos. Il est difficile de traiter davantage des paroles tant les répétitions et la pauvreté du texte restreignent l’analyse ou le commentaire. Peu traité en profondeur, le thème du morceau garde tout de même une certaine généralité qui permet à tout un chacun de s’y projeter et s’y retrouver, ne serait-ce qu’en partie. Un son, dont l’ambiance noire et nostalgique est renforcée par le destin tragique de son auteur, parfait à caler dans une ambiance chill pour faire retomber quelque peu le souffle avant de repartir de plus belle.

  • Sablier (Sniper – single) : et pour repartir de l’avant, que dire du retour d’un groupe de légende? Mythe et classique du rap français, Sniper n’a pas vécu une carrière de tout repos entre séparations, censures et procès mais a su garder sa légitimité malgré le poids des années. Définitivement reformé en 2015 avec le retour de Blacko, le groupe a annoncé un 5ème album pour octobre 2018 dont le premier extrait n’est autre que Sablier, dont le titre se suffit à lui-même. Comme tout le monde s’en doute, ne faisons pas durer le suspense pour rien, les trois acolytes font un bilan du temps qui passe et leur parcours. Le thème de la temporalité colle idéalement à l’actualité du groupe qui revient au premier plan après plusieurs années d’absence.
    Ce retour, attendu par beaucoup, pose cependant question : à quoi s’attendre de leur part? Un retour aux sources de leur succès ou une adaptation aux tendances actuelles? Les plumes proposées dans Sablier rappellent avec délice les joutes verbales des grands classiques de Gravé dans la roche malgré un ton plus calme et une écriture quelque peu moins subtile (notons tout de même la présence de quelques jeux de mots et références bien placées). L’utilisation, légère et bien maîtrisée il faut le souligner, de l’autotune entre couplets kickés apporte cependant de l’eau au moulin de la deuxième option et la réponse pourrait bien se trouver à la croisée des chemins. Tant que l’on parle des voix, Blacko nous signe une performance exceptionnelle et la symbiose créée entre les sonorités reggae de son flow, le vocoder et l’entraînante prod est à souligner, que cela fait du bien de le retrouver celui-là (l’un des rappeurs les plus variés et complets de la scène francophone). Une belle promesse pour un retour fort attendu que l’on espère réussi, à suivre.

Playlist Esteban :

  • [Coup de cœur] Fremen (Kyo – Dans la peau) : sur le fond, Kyo est resté le groupe d’éternels adolescents aux textes existentiels que l’on a connu au début des années 2000 avec l’album Le Chemin. Sur la forme, les membres ont adapté leurs mélodies aux airs du temps, comme en témoigne le titre ici, qui assume pleinement sa patte électro-pop. Cette nuance n’affecte en rien l’efficacité de la recette, et l’alchimie demeure. Le reste de l’album est à l’image de cette constatation, envoie des sons qui marquent au fer rouge et traite des sujets doux-amers par le biais de phrases abstraites et décousues affectionnées par le parolier.

  • Back to you (Selena Gomez – single) : au-delà de la chanson en elle-même, c’est surtout le clip qui attire l’attention. En effet, tout porte à croire qu’il s’agit d’un hommage à Pierrot le fou, film de Jean-Luc Godart réalisé en 1965. L’histoire, les décors, les scènes, jusqu’à la coiffure de la chanteuse, tout est mis en scène pour rappeler le long-métrage français, qui conte une idylle amoureuse entre deux êtres qui consument leur passion sur les routes. Si la chanson parle effectivement de romance, la similarité entre les deux histoires n’est pas spécialement flagrante, et on est surpris de voir qu’une artiste aussi commerciale que Selena Gomez aie décidé de puiser son inspiration dans la nouvelle vague française du cinéma. La surprise de ce décalage n’est cependant pas désagréable.

  • Born To Be Yours (Kygo feat Imagine Dragons – single) : Kygo agit toujours comme une bouffée d’air frais dans le paysage de l’électro-house, et c’est pile ce qu’il nous faut par cette chaleur estivale. Mais si en plus, on parle d’une collaboration avec Imagine Dragons… Ai-je vraiment besoin d’ajouter quelque chose ?

  • Connection (One Republic – single) : la voix entraînante et dynamique de Ryan Tedder glisse sur les ondes positives du nouveau hit de OneRepublic, plus en forme que jamais. Parfait pour mettre à fond la caisse lorsque vous roulerez dans la vôtre sur l’autoroute !

  • Ocean (Martin Garrix feat Khalid – single) : le jeune prodige néerlandais de la scène électro signe un nouveau hit efficace, renouvelant la formule qui lui vaut tant de réussite depuis 2013, année où le succès planétaire Animals a envahi les ondes et fait planer les festivaliers. Ocean tient également sa force de son interpète, Khalid, présent sur la scène musicale R&B depuis 2016. Il a par ailleurs participé à l’enregistrement de certaines musiques de Black Panther, l’un des derniers succès de Marvel sorti en salles au début de l’année.

  • Something Human (MUSE – Simulating Theory) : le virage pop pris depuis peu par le groupe britannique en laisse plus d’un perplexe et divise les foules. Si certains morceaux de l’album à venir transpirent toujours le rock progressif comme Thought Contagion, celui-ci dévoile des résonances plus électro tout en gardant une solide identité propre au groupe. Le clip est quant à lui un mix de cyberpunk et de post-apo à la Mad Max, à la fois très coloré et électrique, qui emprunte aussi bien au jeu-vidéo qu’à la science-fiction cinématographique. Cet éclectisme donne un morceau vivant et moderne, loin du style de musique proposée à la base par Muse, mais toujours fabriquée avec le soin et la méticulosité que l’on connait au groupe.

  • When I Grow Up (Dimitri Vegas & Like Mike feat Wiz Khalifa – single) : les deux frères effectuent leur retour estival avec un morceau profondément commercial rôdé pour faire vibrer les corps en boîte de nuit. Aucune surprise sur le fond comme sur la forme (hélas), mais une chose est sûr : le succès sera une fois de plus au rendez-vous.

Mina, ALVARRO & Esteban

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